« Les Proies », étouffant gynécée

Plongée dans l’ambiance dense du dernier film de Sofia Coppola, avec un casting cinq étoiles.

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Virginie, 1864. Alors que la guerre de Sécession fait rage, une jeune fille du pensionnat Farnsworth trouve un soldat yankee blessé dans la forêt. Charitable, elle amène le soldat au pensionnat de jeunes filles afin qu’il soit soigné. Cette présence masculine dans cet univers fermé et féminin ne va pas tarder à causer des troubles.

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Le dernier opus de Sofia Coppola est un remake d’un film de 1971, lui-même adapté d’un roman de Thomas Cullinan. N’ayant pas vu la version de 1971, je ne vais pas faire de comparaison. Sachez seulement que d’après les commentaires la version 2017 est nettement plus soft et a éliminé les éléments les plus dérangeants.

«Les Proies» est un pur film de Sofia Coppola. Il sera difficile d’ailleurs de ne pas penser à «Virgin Suicides» qui partage avec le nouveau film de la réalisatrice cette ambiance étouffante, ce regard contemplatif sur la nature et la présence de Kirsten Dunst.

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Une des caractéristiques marquantes des «Proies» est la présence entêtante du sexe, malgré une très petite visibilité à l’écran. La présence de cet homme au milieu de ces femmes vivant seules, recluses sur elles-mêmes, dans un univers puritain où la frustration sexuelle est la norme, va réveiller toutes sortes de désirs enfouis et interdits. Les personnages sont tous intéressants et ambivalents. A la fois manipulés et manipulateurs, à la fois et tentés et tentateurs. Mais il est difficile de parler du film sans en révéler la fin. La morale de l’histoire pourrait se résumer ainsi: il ne faut pas trop jouer avec le gibier au risque de devenir soi-même la proie.

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C’est un film également farouchement féministe qui montre des femmes qui semblent se conformer à ce que souhaitent la société, mais qui, en fait, cèdent à leurs désirs et à leurs bas instincts. A la fois vulnérables et dangereuses, elles vivent dans une bulle qui semble surnaturelle, dans un décor paisible, mais inquiétant, avec une guerre à la fois présente et lointain. Enfin, la distribution de luxe, composée notamment, en plus de Kirsten Dunst, de Colin FarrellNicole Kidman et Elle Fanning, tient toutes ses promesses.

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Seul bémol, une mise en scène très classique qui donne un côté un peu banal au film, alors qu’il y avait matière à présenter une oeuvre plus surprenante, notamment en appuyant sur le côté malaisant du film.

Le test Bechdel:

Il passe le test haut la main!

En résumé, un film qui plaira grandement aux amatrices et amateurs du cinéma de Sofia Coppola.

 

 

 

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7 réflexions sur “« Les Proies », étouffant gynécée

  1. Le film de 1971 avec Clint Eastwood est passé récemment à la télé .. je l’ai enregistré mais je me réjouis de voir aussi cette version très bien distribuée 😉

    1. Moi je suis plutôt très preneuse du cinéma de Sofia Coppola, mais je suis comme toi, j’ai aimé le film, même si sa mise en scène trop classique m’a un peu déçue

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