« Night call », un rôdeur assoiffé de faits divers

Découverte d’un thriller dérangeant et questionnant sur les médias et la soif d’images trash du public.

night-call-photo-54509d2e31334.jpg

2

Lou Bloom est un jeune homme très intelligent, mais socialement décalé et à la recherche d’un travail lui permettant de gagner sa vie. Inspiré par une équipe de tournage indépendante qu’il voit en train de filmer un accident, Lou décide de se procurer un caméscope et un scanner de la police pour arriver sur les lieux des accidents et autres crimes avant tout le monde et vendre ses images. Mais pour obtenir toujours plus d’argent, les images de Lou doivent être toujours plus exclusives et plus trash.

1

Regarder «Night Call» de Dan Gilroy, c’est accepter de s’en prendre plein la tête, parce que ce film, plus précisément son personnage principal, est un miroir grossissant de notre société et des médias.  Et ce que nous montre le miroir n’est pas joli joli… D’accord, on parle plutôt des médias américains, mais la soif de trash et d’images choquantes n’a pas de frontières.

«Night Call», c’est avant tout Jake Gyllenhaal. Amaigri, avec des yeux qui lui sortent presque du visage, il interprète un Lou glaçant, malsain et redoutablement intelligent. Mais, là où d’autres auraient pu faire de Lou une caricature de charognard, l’acteur arrive à instiller une certaine humanité dans le personnage, notamment au travers de son décalage social.

Night-Call-photo-2-2

«Night Call», c’est aussi une ville: Los Angeles qui est magnifiquement bien filmée, principalement de nuit, avec ses lumières hypnotiques, cette ambiance faussement calme, ces vibrations sous-jacentes.

«Night Call», c’est surtout un thriller cynique, à la fin très dérangeante, où un personnage sociopathe trouve un écho à son amoralité dans le système médiatique des chaînes d’information locales américaines, obsédées par le sang, les armes et les crimes commis contre de riches blancs par les minorités noires ou latino qui font exploser l’audience.

K72A4726a.tif

Deux bémols cependant. Sorti trois ans après «Drive», tourné dans la même ville, de nuit et en voiture, il est difficile de ne pas faire de comparaison, même si les films sont très différents. Enfin, «Night Call» est une énième victime du titre anglais retraduit en anglais. Effectivement, le film s’appelle en V.O. «Nightcrawler», ce qui signifie le rôdeur, alors que le titre francophone ne veut pas dire grand chose dans le contexte du film.

Le test Bechdel:

Le film ne passe pas le test.

En résumé, un film grinçant, difficile à avaler, mais qui questionne notre rapport aux médias et aux images violentes.

Publicités

6 réflexions sur “« Night call », un rôdeur assoiffé de faits divers

  1. Oh il passe pas le test Betchel ?
    Je l’avais mis dans mon top ten l’année de sa sortie, j’avais pris une vraie claque avec ce film !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s