« The Keepers », la sale alliance de l’Eglise et de la police

Plongée en sept épisodes dans la ville de Baltimore des années 1960 pour y découvrir un crime non résolu des plus sordides.

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Baltimore, novembre 1969. La sœur Cathy Cesnik, enseignante d’anglais dans une école catholique, disparaît. Peu de temps après, une autre jeune fille est retrouvée égorgée et l’on retrouve également le corps de sœur Cathy. Mais l’enquête n’avance pas et, aujourd’hui encore, elle reste encore non résolue. C’est sans compter sur plusieurs anciennes élèves de Cathy qui souhaitent que justice soit faite. Effectivement, elles pensent que Cathy a été assassinée, car elle allait révéler des abus sexuels commis par le prêtre de l’école, Joseph Maskell.

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«The Keepers» est une série documentaire de Netflix. L’histoire qu’elle raconte est si inqualifiable que l’on aimerait qu’elle ne soit qu’une fiction. Effectivement, pour suivre «The Keepers», il vaut mieux avoir le cœur bien accroché.

J’avais déjà beaucoup apprécié «Making a Murderer» et «The Keepers» est la juste descendante de cette série. A l’instar du style de «Making a Murderer», le réalisateur Ryan White laisse parler les protagonistes et évite ainsi ce que j’appelle le ton «Faites entrer l’accusé» (si, si vous voyez ce que c’est, cette voix-off narrative qui essaye de rajouter une couche de suspense).

«The Keepers» franchit une barrière dans le sordide. Imaginez des jeunes filles victimes d’abus sexuels répétés, commis par une autorité religieuse, avec la complicité de la police. C’est la découverte de ces faits qui vont supposément mener Cathy Cesnik à sa tombe. Mais, au-delà de cela, la série montre de manière rageante tous les obstacles qui vont entraver la tenue d’une enquête et d’un procès: pièces à conviction qui disparaissent, témoins-clés décédés, délai de prescription dépassé, etc. Une chose va également fortement handicaper l’affaire: le refoulement par la victime principale des sévices qu’elle a subis et surtout le surgissement de ces souvenirs, 20 ans plus tard, à une époque où le stress post-traumatique et ses conséquences sont méconnus.

Cette série est également une démonstration terrifiante, dans la Baltimore de l’époque, de la puissance sans limite de l’Eglise catholique, d’autant plus quand elle est soutenue par la police. Ajoutez à cela une société très traditionaliste et misogyne et vous obtenez un terreau fertile pour ceux qui souhaitent laisser libre cours à leur perversité.

Concernant les suites judiciaires et médiatiques de la diffusion de la série, je vous renvoie vers cet article.

En résumé, une affaire qui démontre l’effroyable puissance de certaines institutions et à quel point leurs membres sont intouchables, même quand ils commettent les pires atrocités. 

Disponible sur Netflix

 

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5 réflexions sur “« The Keepers », la sale alliance de l’Eglise et de la police

  1. Il faut absolument que je la voie, j’adore ce genre d’enquêtes-documentaires ! Dans le même genre, si tu n’as pas encore vu je te conseille vivement « The Jinx », c’est glaçant !

  2. Je suis contente de venir lire ton avis après avoir rédigé le mien. On se rejoint sur de nombreux points et cette affaire est plus qu’un simple « cas ». Un ensemble qui va bien au-delà du sordide de l’histoire.

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