Le Goût des pépins de pomme / Katharina Hagena

Découverte d’un beau roman qui nous emmène sous un pommier dans le jardin d’une vieille maison familiale au nord de l’Allemagne.

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A la mort de Bertha, ses trois filles, Inga, Harriet et Christa, et sa petite-fille, Iris, la narratrice, se retrouvent dans la maison familiale, à Bootshaven, au nord de l’Allemagne, pour régler la succession. A sa grande surprise, Iris hérite de la maison. Elle doit alors rapidement décider si elle souhaite garder ou non cette maison, alors qu’elle habite à l’autre bout de l’Allemagne. Prenant quelques jours de congé, elle flâne dans la maison et redécouvre l’histoire de sa famille.

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En commençant ce roman, je n’ai pas tout de suite accroché, car les histoires d’héritage familiale complexe, la littérature en connaît des centaines, voir des milliers. Mais c’était sans compter sur la belle plume de Katharina Hagena.

«Le Goût des pépins de pomme» est un très beau roman familial et féminin sur l’oubli et le souvenir. Des rires, des drames, des non-dits, des jeux d’enfants et une amie perdue de vue vont reprendre forme au fur et à mesure des déambulations d’Iris dans la vieille maison, dans le jardin et dans les alentours du village. La narratrice évoque l’oubli de Bertha, la grand-mère qui avait perdu la mémoire et la notion du temps après une chute.

«Quiconque oublie le temps cesse de vieillir. L’oubli triomphe du temps, ennemi de la mémoire. Car le temps, en définitive, ne guérit toutes les blessures qu’en s’alliant à l’oubli»

Le grand-père qui n’abordait jamais la Deuxième Guerre mondiale, afin de se souvenir autrement, de refaire l’histoire.

«Dans le cahier d’Hinnerk, pas un seul poème ne faisait allusion à la guerre. […] J’en déduisis que l’oubli n’est pas seulement une forme du souvenir, mais que le souvenir est aussi une forme de l’oubli»

«Le Goût des pépins de pomme» est également un roman sensuel, qui, comme son titre l’indique, fait appel à la mémoire des cinq sens en évoquant le goût des différentes sortes de pommes, le bruissement du vent dans le jardin, le froid de l’eau de l’étang sur la peau ou encore la subtilité du grincement des marches de l’escalier qui permet d’identifier l’humeur de celui ou celle qui les monte.

Le seul défaut de ce roman: une fin sans surprise et une histoire d’amour un peu téléphonée, mais qui ne gâche pas le plaisir de lecture.

En résumé, malgré une fin très prévisible, on savoure avec plaisir les histoires de vie de trois générations de femmes dans ce petit village nord-allemand.

Katharina Hagena, Le Goût des pépins de pomme (titre original: Der Geschmack von Apfelkernen), chez Anne Carrière et Le Livre de Poche, 2012.

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2 réflexions sur “Le Goût des pépins de pomme / Katharina Hagena

  1. Je trouve la couverture toute belle, toute fraîche ! Par contre comme toi au début, je suis sceptique, ce genre d’histoire ne m’attire pas trop normalement, après je me dis que je tenterai quand même, rien que pour une lecture estivale et baignée de soleil.

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