Intérieur nuit / Marisha Pessl

New York et films d’angoisse, voilà le décor de ce thriller qui se veut original, mais qui n’échappe pas à un certain formatage.

intérieur nuit

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New York, de nos jours. La jeune Ashley Cordova est retrouvée morte dans un entrepôt abandonné du quartier de Chinatown. L’enquête conclut à un suicide. Mais quelqu’un est interpellé par cette affaire: le journaliste d’investigation Scott McGrath. Ce dernier avait enquêté sur Stanislas Cordova, le père d’Ashley, un mystérieux réalisateur de films d’angoisse qui n’est pas apparu en public depuis trente ans. Dans cette enquête, McGrath avait laissé son mariage, sa réputation et beaucoup d’argent.

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Marisha Pessl livre un thriller assez étonnant au premier abord. Premièrement, parce qu’il désarçonne le lecteur en partant d’une ambiance et d’un contexte réel, puis en versant peu à peu dans une atmosphère fantastique et ésotérique. Deuxièmement, le roman est parsemé d’emails, de coupures de journaux, de rapports de police et de print screen de pages Internet ce qui matérialise l’histoire racontée par l’auteure.

Comme pour tout thriller, je ne vais pas trop parler de l’histoire, afin que vous ayez toujours le plaisir de le lire, si le cœur vous en dit. Mais, on peut décrire ce roman comme une enquête obsessionnelle et dévorante, comme la poursuite d’une ombre dont on ne sait pas si elle est réelle ou fantasmée. Le tout plongé dans l’univers totalement inquiétant du réalisateur Stanislas Cordova.

Il est indéniable qu’«Intérieur nuit» est un roman très bien construit et qu’il a probablement demandé un travail conséquent à Marisha Pessl. D’ailleurs, il est probable que le roman vous permette de passer un agréable moment.

J’ai, malgré tout, quelques réserves par rapport aux critiques dithyrambiques qu’a reçu ce roman. L’écriture est un peu banale, mais surtout ce roman a un côté «formaté». Effectivement, j’ai eu l’impression d’avoir entre les mains un livre composé d’ingrédients assez étonnants pour satisfaire le lecteur, mais également d’éléments qui plaisent à coup sûr: un personnage principal bourru, mais, au final, sympathique; une équipe de bras cassés qui se révèle efficace et une fin mystérieuse qui permet toutes les suppositions. De plus, sur la fin, ce pavé de 720 pages se révèle un peu longuet et l’auteure a la drôle de manie de mettre des mots en itallique partout.

En résumé, une lecture agréable, un roman bien ficelé, mais auquel il manque un « je-ne-sais-quoi » pour vraiment être marquant.

Marisha Pessl, «Intérieur nuit» (titre original: Night Film), chez Gallimard, 2015.

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