« Moonlight », un Oscar bien mérité

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Chiron, petit garçon afro-américain de Miami, n’a pas la vie facile. Il habite dans un quartier défavorisé, envahi par les dealers, et vit seul avec sa mère qui a trop de soucis de son côté pour s’occuper de lui. Mais, plus encore, Chiron est chétif, délicat, ce qui ne va pas manquer d’attirer sur lui la malveillance des autres enfants du quartier qui vont le maltraiter.

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Le film de Barry Jenkins est formé de trois parties qui racontent l’enfance, l’adolescence et l’âge adulte de Chiron, qui va grandement évoluer du tout petit garçon aux grands yeux à la montagne de muscles avec les dents plaquées or, mais qui reste, au fond, toujours cet enfant timide. Car Chiron comprend très vite qu’il est différent, qu’il est homosexuel. Une situation d’autant plus complexe quand on est un Afro-Américain dans un quartier malfamé.

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L’affiche magnifique de «Moonlight» annonçait un très beau film. Elle ne mentait pas! «Moonlight» est une oeuvre lumineuse, colorée, malgré son sujet difficile. Le réalisateur y joue parfaitement avec les couleurs. Des plans avec des éclairages chauds, des scènes lumineuses vertes et bleues qui réconfortent, mais aussi des plans blancs aveuglants ou fuschia qui mettent mal à l’aise. Les acteurs sont filmés de près afin de capter la moindre émotion, le moindre soupir.

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Et que dire de la magnifique interprétation des trois acteurs qui incarnent Chiron, particulièrement Trevante Rhodes qui, malgré son physique de bodybuilder accoutré comme 50 Cent, insuffle une fragilité subtile à son personnage.

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«Moonlight» excelle également pour briser les clichés. Tout d’abord, la conclusion du film est agréablement surprenante. Ensuite, les personnages échappent également aux simplifications. On peut être un dealer sans être la pire des enflures, on peut être une mauvaise mère, sans être une pourriture irrattrapable. On peut avoir un physique qui impressionne et être homosexuel.

Le test Bechdel:

Le film ne passe pas le test Bechdel, car les interactions tournent exclusivement autour du personnage principal.

En résumé, un Oscar du meilleur film totalement mérité, alors laissez-vous charmer par la lumière de «Moonlight».

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5 réflexions sur “« Moonlight », un Oscar bien mérité

  1. Je ne néglige pas certaines qualités (c’est bien interprété, le propos est fort, il y a un travail intéressant autour des couleurs) mais je me suis pas mal ennuyée, je n’ai pas été touchée et les ellipses m’ont plus frustrée qu’autre chose !

    1. Personnellement, j’ai été hyper touchée. J’ai d’abord été surprise par l’ellipse concernant le personnage de Juan, mais je pense que c’est fait dans le but de rester totalement concentré sur Chiron, même si c’était un peu frustrant, je trouve qu c’est assez cohérent.

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