Les belles choses que porte le ciel / Dinaw Mengestu

Découverte d’un roman qui va au-delà des clichés sur l’immigration et qui vous fera voir autrement l’homme étranger qui tient sa petite boutique d’alimentation au coin de la rue.

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Sépha Stéphanos a dû fuir l’Ethiopie durant son adolescence après la mort de son père, assassiné par le pouvoir en place. Des années plus tard, il vit dans la banlieue de Washington où il tient une épicerie qui vivote tant bien que mal. Souvent, Sépha s’y réunit avec deux autres amis, immigrés africains comme lui. Ensemble, ils partagent la nostalgie du pays quitté et les désillusions du pays d’accueil. Mais l’arrivée d’une jeune femme blanche et de sa fille métisse dans le voisinage va bouleverser la vie de Sépha.

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Livre découvert totalement par hasard, «Les belles choses que porte le ciel» est une très belle surprise. Rédigé par un écrivain américain d’origine éthiopienne, il dépeint, avec finesse et en évitant les lieux communs, le quotidien de jeunes hommes immigrés africains, qui malgré leur place dans la société grâce au travail, vivent une forme d’hybridité mélancolique. Ils ne sont pas Américains, mais ils ne sont plus vraiment Éthiopiens, Congolais, etc. Ils sont en permanence dans l’entre-deux.

Dinaw Mengestu nous présente plus particulièrement Sépha, le gérant d’une petite superette qui ne paye pas de mine, dans un quartier de Washington qui vit une grande transformation. Effectivement, «Les belles choses que porte le ciel» aborde également le thème de la gentrification en situant l’action dans un quartier autrefois malfamé, mais où une population aisée et blanche commence à s’installer, rachetant, rénovant et indirectement chassant les habitants historiques du quartier qui ne peuvent plus payer les loyers qui prennent l’ascenseur.

Ce changement progressif, mais chaque jour plus palpable, est incarné par l’arrivée de Judith, une professeure d’université, et de sa fille dans le quartier de Logan Circle. Cette femme et sa fille vont pénétrer dans la vie (et le coeur de Sépha) comme un cheveu sur la soupe et y laisser une empreinte durable.

«Les belles choses que porte le ciel» est un roman tout en retenue et en poésie, qui émeut sans jamais faire dans le pathos. Il a également l’avantage de finir sur une jolie note d’espoir.

En résumé, un livre qui aborde la migration sous un angle intéressant et avec finesse!

Dinaw Mengestu, «Les belles choses que porte le ciel», chez Albin Michel et Le Livre de Poche, 2007.

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7 réflexions sur “Les belles choses que porte le ciel / Dinaw Mengestu

  1. Un pitch très intéressant qui me donne envie de le lire, émouvant sans tomber dans le pathos… Ca me semble être un combo parfait et bien souvent assez dur à atteindre !

    1. Oui, la couverture n’est pas forcément très parlante. Mais, je le conseille vivement car le thème de l’immigration est abordée de manière originale

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