Les hamacs de carton / Colin Niel

Les polars, ça peut se passer ailleurs que dans une ville américaine ou dans une banlieue pluvieuse scandinave, la preuve avec ce qui suit.

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Sur la rive française du Maroni, en Guyane française, on retrouve dans un village, une femme et deux enfants morts sans trace de violence. On charge le capitaine Anato, un Guyanais qui a vécu presque toute sa vie en métropole, d’enquêter sur ces décès inexplicables. Entre les coutumes noirs-marron, les différents trafics en présence et les procédures administratives de la République, le contexte s’annonce compliqué. D’autant plus que cette femme et ses deux enfants ne seront pas les seules victimes de cette affaire compliquée où le mobile et le tueur échappent aux enquêteurs.

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«Les hamacs de carton» -quel joli titre d’ailleurs- est un très bon polar français qui se distingue par son intrigue sobre et réaliste, mais qui se déroule dans un contexte original: la Guyane française.

Ce département d’outre-mer méconnu offre un contexte particulier à l’enquête. Une géographie exotique entre ville, fleuve et jungle, mais surtout un contexte social singulier où se croisent des autochtones et des expatriés métropolitains, des fonctionnaires bien payés, des locaux souvent pauvres. Mais, en Guyane, il existe également une confrontation entre le quotidien des habitants des rives du fleuve Maroni qui vivent indifféremment entre le Suriname et la Guyane, car c’est la terre de leurs ancêtres, et les règles de l’État français qui exigent de pouvoir prouver que l’on est né du bon côté du fleuve pour avoir son passeport français, synonyme d’accès au marché du travail et de liberté.

A noter que l’auteur propose un lexique à la fin du roman pour mieux appréhender les termes guyanais. C’est essentiel et à la fois agréable, car c’est toujours intéressant de sortir de la lecture d’un roman en ayant appris quelque chose.

Autre grande qualité, Colin Niel a fait un bel effort pour ne pas représenter des personnages trop stéréotypés ou manichéens. Les policiers ne sont pas des super-héros infaillibles et les potentiels suspects ne sont pas juste d’affreux délinquants. Les personnages principaux sont travaillés, ont un passé, une identité qui permettent de comprendre leurs actions.

Côté scénario et gestion du suspense, on reste longtemps dans le flou et les pièces du puzzle ne commencent à s’assembler que dans le dernier tiers du livre, ce qui permet aux lecteur-trices de se creuser la tête un bon moment. De plus, la plume est fluide et très agréable avec un joli sens de la métaphore. Moi qui ne suit pas une amatrice de ce genre de littérature, il possible que je me procure d’autres enquêtes de l’inspecteur Anato.

En résumé, un très agréable polar français qui vous emmènera hors des sentiers battus.

Colin Niel, «Les hamacs de carton», chez Éditions du Rouergue et Babel Noir, 2012

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2 réflexions sur “Les hamacs de carton / Colin Niel

    1. J’ai surtout trouvé l’intrigue réaliste et vraiment ancrée dans le quotidien des Guyanais. En tout cas, cela correspond à ce que m’a raconté une amie qui est allée travailler là-bas 6 mois.

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