« Gemma Bovery », Flaubert version guimauve

Découverte d’un film d’Anne Fontaine, adaptant l’histoire de «Madame Bovary», mais sans le mordant et le regard critique de Flaubert.

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Gemma, une jeune décoratrice d’intérieur, et son mari, Charlie Bovery, restaurateur de meubles et d’œuvres d’art, tous deux anglais, s’installe en Normandie, à la campagne. Ils font la connaissance de leur voisin, Martin, boulanger et passionné de littérature. Martin, malgré son âge, a un coup de foudre pour Gemma. Cependant, quand celle-ci entame une liaison avec le jeune Hervé, Martin fait le rapprochement entre Gemma et Emma, l’héroïne tragique de «Madame Bovary».

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La revisite de «Madame Bovary» et la présence de Fabrice Luchini m’ont dirigée vers ce film (à savoir que le film est lui-même l’adaptation d’un roman graphique de Posie Simmons qui adapte le roman de Flaubert). Une des premières phrases de Martin, notre boulanger littéraire, à propos de son installation en Normandie, augurait du bon : «Comme un tas de Parisiens aussi cons que moi, j’avais cru y trouver l’équilibre et la tranquillité.» Mais, au final, c’est une déception. Même si Gemma Arterton et Fabrice Luchini sont agréables dans leurs rôles, le film est pour moi une coquille vide.

Tout d’abord, les décors ont l’air de sortir d’un téléfilm et je ne connais pas la Normandie, mais est-ce obligatoire de ressortir à chaque fois les vaches et le calva? Ce qui n’est pas aidant non plus, c’est la fin qui frise un peu le ridicule. Mais, surtout, la revisite du classique de Flaubert est plus un prétexte qu’autre chose. Le roman de Flaubert, sous ses belles phrases, est une œuvre très virulente, alors que ce film ressemble à s’y méprendre à un roman de gare.

Cependant, je ne peux pas dire que je n’ai éprouvé aucun plaisir au visionnage, car Luchini est Luchini et c’est toujours agréable, tandis que Gemma Arterton déborde littéralement de sex-appeal. Mais là repose également un des problèmes du film. Le personnage de Gemma est lui aussi vide et hyper sexualisé. C’est un magnifique emballage qui ne contient pas grand-chose, alors que l’Emma de Flaubert ne m’a jamais paru vide.

Le test Bechdel:

Le film passe le test, mais, selon moi, il véhicule des clichés sur les femmes, notamment en opposant le personnage de Gemma, belle, douce et silencieuse, et l’épouse de Martin, aigrie, vieillissante et bavarde.

En résumé, un film un peu vide, à oublier vite.

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5 réflexions sur “« Gemma Bovery », Flaubert version guimauve

    1. Ma vision est aussi peut-être trop attachée à l’oeuvre de Flaubert. Moi ce que je retiens de lui c’est une critique très acerbe de la société, de la bêtise, alors pour moi le côté comédie du film allait assez mal avec ça…

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