Victus: Barcelone 1714 / Albert Sánchez Piñol

Récit picaresque d’un des protagonistes du siège de Barcelone (1713-1714), un homme bavard, imbu de lui-même et de mauvaise foi.

victus

 

synopsis

Début du 18ème siècle. Martí Zuviria, un gamin de quatorze ans, se rend au Château de Bazoches, après avoir été viré de l’école carmélite de Lyon. Là-bas, il devient l’élève du Marquis de Vauban et va commencer une exigeante formation d’ingénieur. Malheureusement, le marquis décède avant que Martí puisse achever sa formation. Il se retrouve sur les routes d’Europe avec les armées en mouvement durant la Guerre de Succession d’Espagne. Une errance qui va le ramener à sa ville natale: Barcelone.
avis

 

Cela arrive très rarement, mais j’ai abandonné ce livre. Plus précisément, j’ai lu la moitié avec attention, puis j’ai feuilleté la fin. Malheureusement, malgré un récit de bonne qualité, j’ai été rapidement lassée par ce roman. «Victus: Barcelona 1714» est un roman picaresque, c’est-à-dire un récit autobiographique (ou prétendument autobiographique) où un héros, généralement jeune et peu favorisé, raconte des aventures souvent cocasses qui l’amènent à fréquenter toutes les classes sociales. Le tout, avec un ton ironique.

 

C’est exactement «Victus: Barcelona 1714» avec son jeune héros de bonne famille, qui va se retrouver dans une mauvaise situation, avant de recevoir un enseignement d’élite, de fréquenter l’élite militaire d’Europe, mais également les pauvres habitants des villages envahis par les armées. Grâce à ce roman, on comprend également mieux les raisons historiques de l’indépendantisme catalan qui considère que l’Espagne est un création artificielle, concrétisée après la chute de la ville de Barcelone (d’ailleurs, la fête nationale de Catalogne commémore cette défaite).

 

Le ton est très ironique et goguenard, car le récit est fait par Martí qui raconte sa vie pour qu’elle soit retranscrite à une domestique autrichienne, qu’il insulte abondamment d’ailleurs tout au long du récit (charmant ce Martí…). L’histoire de ce roman est cependant très sombre: morts, viols, abus d’enfants, voilà tout ce qui suit la Guerre de succession d’Espagne et ses troupes.

 

Albert Sánchez Piñol s’étend également, dans son roman, sur le métier d’architecte militaire qui est, pour moi, un sujet plutôt intéressant. Effectivement, je suis souvent allée visiter les édifices de Vauban qui sont un mélange d’esthétisme et d’ingéniosité. Mais 700 pages de batailles, de détails techniques sur le creusement des tranchées, sur le positionnement des canons, c’est terriblement long. D’autant plus long que le ton du roman picaresque est favorable à la réflexion, mais pas du tout à l’émotion qui pourrait éventuellement investir le lecteur dans le feu de la bataille. De mon point vue, 300 pages de moins auraient rendu le récit plus digeste, même si cela reste un roman de qualité, bien écrit et basé sur des recherches documentaires.

 

En résumé, un roman très instructif et d’excellente facture, mais peu plaisant, de mon point de vue. 

 

Albert Sànchez Piñol, «Victus: Barcelona: 1714», 2013, chez Actes Sud et Babel.

 

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