Confiteor / Jaume Cabré

Attention chef-d’oeuvre! Auteur méconnu en francophonie, le catalan Jaume Cabré livre un roman monumental, ni plus, ni moins.

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Barcelone. Adría, ancien professeur d’université polyglotte, perd la mémoire. Avant que ses souvenirs ne s’effacent complètement, il reconstitue toute l’histoire de sa vie et la raconte à la femme qu’il a aimée. De son enfance dans l’Espagne franquiste avec des parents froids et ambitieux au crépuscule de sa vie, marqué par la découverte des terribles secrets familiaux, tournant notamment autour d’un violon d’exception.

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On se demande parfois comment reconnaître un chef-d’oeuvre. Un chef-d’oeuvre est-il forcément évident? Ou ne se révèle-t-il qu’au travers d’une analyse approfondie? Je n’ai pas la réponse à la question, mais il est clair que «Confiteor» est un chef-d’oeuvre indéniable, qui ne peut être ignoré! Car ce roman réussit la prouesse d’être magnifiquement bien écrit, érudit, émouvant, très complexe, tout en étant fluide.

Le synopsis ci-dessus ne reflète que très partiellement la richesse de «Confiteor» qui se rapproche plus de la fresque que du roman. Effectivement, au travers de l’histoire plutôt sombre de la famille d’Adría, et surtout d’un violon de maître en leur possession, c’est les grandes périodes noires de l’histoire que parcourt l’auteur: Inquisition, franquisme, nazisme. Jaume Cabré lie tous les éléments de ses histoires: les évènements, les objets et les personnes. A tel point que l’auteur ne marque jamais la transition entre les époques et les personnages. Jaume Cabré, dans un même paragraphe, va passer d’une époque à l’autre d’un personnage à l’autre sans aucun signalement. Il faut l’avouer les cent premières pages méritent d’être apprivoisées et sont perturbantes. Cependant, si l’on prend la peine de se concentrer un peu, on s’accoutume à cette écriture qui finit presque par aller de soi.

Les thèmes de ce livre? Le mal, comment il naît, comment il se propage. Mais aussi la culpabilité de l’héritier qui se sent responsable des actes commis par ses ascendants. Deux éléments sombres auxquels Adría oppose sa recherche de beauté à travers l’Art.

En résumé, un bijou qui mérite toute l’attention qui sera nécessaire pour le lire.

Jaume Cabré, «Confiteor» (titre original: Jo confesso), chez Actes Sud et Babel, 2013.

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3 réflexions sur “Confiteor / Jaume Cabré

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