La fille automate / Paolo Bacigalupi

On m’avait prévenue! On m’avait dit que ce roman de science-fiction était particulièrement réussi. Mais, cela va encore plus loin que ça!

la fille automate

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Bangkok, dans un futur non-identifié. Les énergies fossiles se sont presque épuisées et le niveau des eaux à très fortement augmenté. L’ingénierie génétique et les entreprises qui l’utilisent ont changé la face du monde: tout est génétiquement modifié et sensible aux attaques elles-mêmes conçues génétiquement. Cependant, le Royaume de Thaïlande a survécu grâce à sa banque de semences non-modifiées. Dans la capitale, plusieurs personnages se croisent, s’affrontent, s’entretuent ou s’entraident. Parmi eux, Emiko, une créature artificielle, programmée pour satisfaire les caprices de ses maîtres.

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Je ne suis pas experte en science-fiction, mais je pense pouvoir dire sans me tromper que ce roman est une petite merveille (sans OGM!). D’ailleurs, le roman a reçu le prix Hugo, une référence dans le genre littéraire de la science-fiction, parait-il. Grâce à lui, j’ai même appris le mot « biopunk », qui désigne une oeuvre dont les thèmes principaux tournent autour des technologies du vivant (clonage, par exemple) et qui est précisément le courant dans lequel s’inscrit ce roman.

Mais trêve d’introduction. «La fille automate» de Paolo Bacigalupi se situe dans le futur sinistre de notre terre, ravagé par les modifications génétiques et soumis à la pénurie d’énergie. C’est terrifiant, d’autant plus que l’univers dépeint est très réaliste. Effectivement, je vous mets au défi de ne pas sentir monter en vous un petit malaise en lisant ce livre. Un petit malaise qui vous chuchote à l’oreille « Hey, ce que tu lis là, ça peut se produire ». Dans le monde dépeint par l’auteur, on ne gaspille pas l’énergie, ce qui amène à des choses surprenantes. Par exemple, les glaçons sont des biens de luxe, car leur fabrication est gourmande en énergie.

L’auteur dépeint 4 personnages principaux: une fille automate abandonnée par son propriétaire, un cadre d’une multinationale calorifique (les entreprises qui maîtrisent l’énergie et les gènes), un réfugié chinois (victime du fondamentalisme qui a ravagé son pays) et le chef d’une brigade appartenant au ministère de l’Environnement (qui souhaite défendre le pays contre les multinationales). Les intérêts de ces personnages sont divergents, ce qui permet au lecteur d’avoir une vision globale et non-manichéenne de la situation.

En plus, de cette construction du récit, le livre bénéficie d’une très belle écriture qui parfois allie le sinistre et le poétique. Ajoutons à cela des personnages psychologiquement subtils, loin des clichés et une ambiance moite, dangereuse et fébrile qui happe le lecteur.

Alors, oui, comme vous l’avez peut-être déjà lu ailleurs, le roman n’est pas le plus facile à lire, car l’auteur vous jette dans son univers sans explications et utilise beaucoup de mots qui vous seront inconnus lors des premières pages. Il faut bien 100 pages pour s’adapter et entrer réellement dans l’univers, mais ça en vaut la peine. Vraiment!

En résumé, si vous avez envie de vous faire peur avec le futur et êtes exigeant en matière de science-fiction, ce livre est pour vous!

Paolo Bacigalupi, «La fille automate» (titre original: The Windup Girl), 2009, Chez Au Diable Vauvert et chez J’ai Lu.

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