« Ned Kelly » entre malfrat, icône et martyr

Découverte de la biopic d’un héros de la culture populaire australienne: le bandit Ned Kelly.

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Ned Kelly, issu d’un père irlandais, condamné et déporté en Australie pour le vol de deux cochons, devient, en 1878, l’ennemi public numéro un en Australie après avoir tiré sur un policier qui appréhendait injustement son frère Dan. Avec ce dernier et deux autres complices, il fonde un gang qui sème la zizanie durant deux ans en s’attaquant de manière indirecte à tout ce qui représente l’empire britannique et la police.

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Le film «Ned Kelly» plonge le spectateur dans le contexte très dur de l’Australie du milieu du 19ème siècle: des endroits reculés où vivent des éleveurs, à la merci des voleurs de bétail et où la police fait la loi, de manière pas toujours équitable.

Ned Kelly est un personnage passionnant. Issu d’une famille extrêmement pauvre et marginalisée, où les petits jobs sont souvent complétés par le vol, il est également la personne qui, enfant, sauva de la noyade un autre petit garçon. Adolescent et adulte, Ned n’est pas un ange, mais est plusieurs fois victime d’accusations mensongères, ce qui le pousse vers le chemin de la rébellion et de la criminalité. Ainsi, naît la légende de Ned, une légende qui finit mal…

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«Ned Kelly», réalisé par l’australien Gregor Jordan, est d’un grand classicisme et ne révolutionne pas le genre du biopic. On appréciera cependant les paysages et la nature australienne joliment filmés. Ces plans permettant d’«élever» le film, de s’éloigner un peu du feu et de la poudre et de lui donner un peu de poésie.

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Le casting, essentiellement australien, est notable, et comme d’habitude Heath Ledger donne vie à son personnage à la perfection. Par contre, difficile de comprendre l’intérêt d’engager et de payer Naomi Watts et Geoffrey Rush pour interpréter des rôles si banals et si peu présents; le rôle de Geoffrey Rush tenant sur une demi-page de script et celui de Naomi Watts étant un énorme cliché de la femme-au-foyer-séduite-par-un-bandit-au-grand-cœur….

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Malheureusement, en parcourant Wikipédia, on se rend compte que le portrait de Ned Kelly est trop angélique dans ce film. Un portrait plus équilibré aurait peut-être mieux rendu justice à la complexité de cette icône australienne. Car oui, Ned Kelly est un malfrat et un tueur de flics, tout en étant un symbole de la résistance à l’empire britannique, à l’état-policier injuste et tout puissant. En faire un Robin des Bois, la figure aussi romanesque soit-elle, banalise ce personnage.

Le test Bechdel:

Aïe, j’avoue avoir de la peine à me rappeler des interactions entre personnages féminins. Il y en a, essentiellement entre une sœur de Ned et sa mère, mais elles sont tellement rares et courtes que je ne me rappelle pas si elles répondent aux critères Bechdel. Je vais donc provisoirement dire que le film ne le passe pas, car si les interactions sont si rares cela montre que le film néglige ses personnages féminins.

En résumé, intéressant pour la culture général et pour revoir encore Heath Ledger, mais un peu banal. 

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