« Les 8 salopards », huis clos façon western

Il était désiré, espéré, attendu impatiemment, le dernier Tarantino. Le voilà enfin sorti pour la nouvelle année.

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Quelques années après la guerre de Sécession. John Ruth se dirige vers Red Rock pour livrer à la justice Daisy Domergue, une criminelle qui vaut 10’000 dollars. Ils rencontrent en chemin un autre chasseur de prime, le major Marquis Warren, et Chris Mannix, le nouveau shérif de Red Rock. La compagnie ne peut continuer son chemin en raison du blizzard. Ils se réfugient alors dans le relais de Minnie. Mais, Minnie est absente et son remplaçant qui les accueille. Le groupe va devoir également faire connaissance avec les hommes qui ont déjà trouvé refuge dans la cabane: Oswaldo Mobray, le bourreau de Red Rock, le cowboy Joe Gage, et le général confédéré Sanford Smithers.

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Le dernier film de Tarantino est difficilement critiquable au niveau de la démarche artistique. «Les 8 salopards» est un western en huis clos admirablement bien tourné où l’on retrouve les techniques classiques du réalisateur, adaptées ici sur un format de pellicule particulier, le 70 mm, très favorable au plan large. D’ailleurs le réalisateur ne se prive pas d’utiliser cette caractéristique en filmant les magnifiques paysages enneigés du Colorado.

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Comme d’habitude, les acteurs (Samuel L. Jackson, Kurt Russell, Jennifer Jason Leigh, Tim Roth, Michael Madsen) et les dialogues sont superbes. D’ailleurs, je ne sais même pas si ça vaut encore la peine de parler des acteurs et des dialogues pour un film de Tarantino, puisqu’à chaque fois la seule chose à dire c’est que c’est parfaitement maitrisé. On notera la présence très étonnante (et courte) de Channing Tatum.

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Par contre, le film a un problème de rythme et de longueur. 2h48, pour un film quasiment en huis-clos, c’est long. Tarantino aurait pu nous épargner ces 20 minutes (approximativement) de dialogues longuets qui forment un creux au milieu du film où l’on est à deux doigts de piquer du nez dans son siège. On sait que le réalisateur adore par-dessus tout faire parler ses protagonistes, mais là, l’apport au récit est assez minime.

Côté musique, «Les 8 salopards» a une bande-son nettement plus sobre et moins contrastée que d’habitude, mais on en ressort quand même en sifflotant la musique, car composée par le tout grand (et quasi nonagénaire) Ennio Morricone.

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S’il fallait rapidement qualifier le film, on pourrait dire que c’est un Tarantino moins énervé, moins vif et moins éblouissant que d’habitude, même si, au final, rassurez-vous, ça va saigner!

Le test Bechdel:

Le film passe le test, mais pas brillamment, car on décompte une seule conversation entre deux femmes portant un nom. Malgré tout, au milieu de cette bande de mâles, le personnage de Daisy Domergue reste central et aussi redoutable qu’il en a l’air.

En résumé, probablement pas le plus mémorable des Tarantino, mais «Les 8 salopards» reste un bon film.

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14 réflexions sur “« Les 8 salopards », huis clos façon western

  1. Pour ma part, j’ai adoré ce film, que j’ai trouvé magistralement mis en scène, bien écrit (certes a priori bavard mais avec le recul, ces dialogues prennent sens), avec un casting top, une bonne réflexion et plus de profondeur que ça en a l’air.

    1. Oui, c’est un peu une manie de notre époque de faire des films qui durent presque 3h. Avant il me semble que le standard voulait que l’on dépasse pas 2h30. Mais je le conseille quand même, mais peut-être que c’est plus adapté de le voir en DVD chez toi quand tu peux faire des pauses quand tu veux…

      1. Pour situer dans le temps, mon commentaire s’adressait aux films que j’ai pu voir depuis que je vais au ciné, par exemple les films sortis dans les années 80. Les films qui sortent depuis quelques années me semblent s’allonger, mais cela ne veut pas dire qu’ils n’y a pas eu des périodes de films long avant comme on peut le voir sur le graphique https://infogr.am/histoire-du-cinema–levolution-de-la-duree-moyenne-dun-film-en-fonction-du-temps

  2. Ah bon, quel personnage Channing Tatum interprète-t-il? Il a dû apparaître à l’écran au cours d’un de mes moments de somnolence…
    J’apprécie l’univers de Tarantino, j’ai vu plusieurs fois certains de ses films, mais j’aurais aimé aimer celui-là.

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