Le plus beau de tous les pays / Grace McCleen

Ne pas se fier aux apparences est le mot d’ordre pour découvrir ce roman!

gracemccleen

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Judith MacPherson, 10 ans, n’a pas une existence très joyeuse. Elle vit seule avec son père dans une ambiance austère, voulue par les croyances religieuses qui imprègnent leur quotidien. Sa religion fait aussi de Judith une paria auprès de ses camarades d’école. Souvent seule, elle a pour loisir la reconstitution miniature et améliorée du village disgracieux où elle vit. Un jour, elle fait tomber la neige sur son village miniature. Le lendemain, en se réveillant, elle constate que la neige a vraiment recouvert l’extérieur. Serait-elle capable d’accomplir des miracles?

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En commençant la lecture de ce roman, j’étais un peu dubitative. Il m’a d’abord donné l’impression d’être un livre jeunesse (ce qui en soit n’est pas mauvais, mais ce n’était pas ce que j’attendais…) qui raconte l’histoire déjà-vu d’une gamine mal aimée qui vit dans son monde. En bref, quelque chose de très classique en apparence, à part pour la composante religieuse (ici, les Témoins de Jéhovah, même si ce n’est jamais dit textuellement). Mais, rapidement, je me suis rendue compte que j’avais été induite en erreur. A partir du moment où Judith «produit» des miracles et «parle» à Dieu, le roman s’approfondie.

Malgré la jeunesse de la protagoniste, 10 ans, «Le plus beau de tous les pays» est un roman d’apprentissage. Judith est d’abord dans une position narcissique et dévote dans laquelle elle utilise «son pouvoir» pour son bien et celui de son entourage, grâce à Dieu qui l’a choisie. Puis, dans un contexte très difficile pour elle (brimades incessantes et père dans une situation économique et psychologique très difficile), elle constate la limitation de son pouvoir et l’impénétrabilité de Dieu, voire même sa cruauté (certains dialogues entre Dieu et Judith sont extrêmement durs). Ainsi, naît chez elle un esprit critique et un questionnement sur la spiritualité. Ce roman d’apparence plutôt mignonne à son commencement, devient alors intense et abrupt en montrant la confrontation très violente d’une enfant au monde des adultes dans ce qu’il a de moins beau. D’ailleurs, Grace McCleen excelle dans l’instauration d’une ambiance pesante.

«Pourquoi ne l’avez-Vous pas protégez?»

-Mes voies sont impénétrables.

J’ai dit:

-C’est commode d’être impénétrable, pas vrai?

Dernière remarque, «Le plus beau de tous les pays» contient certainement des éléments autobiographiques, car l’auteure a grandit dans une famille très religieuse ayant peu de contact avec le monde extérieur.

En résumé, une belle surprise que je vous encourage à découvrir!

Grace McCleen, Le plus beau de tous les pays (titre original: The Land of Decoration), 2013, chez NiL Éditions.

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