Rites de mort / Alicia Giménez-Bartlett

Découverte d’une série de romans policiers espagnole, pour changer des thrillers scandinaves et anglo-saxons.

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Petra Delicado, après son deuxième divorce, s’installe dans une petite maison du Poble Nou, à Barcelone, espérant mener désormais une vie plus calme et rangée. Calme comme son ennuyeux travail au service de documentation de son commissariat. Mais, un jour, on l’appelle pour s’occuper d’une affaire étrange: une jeune fille violée et marquée avec un symbole en forme de fleur. Effectivement, le commissariat manque de personnel et Petra est la seule policière disponible. S’engage alors une enquête rendue difficile par son inexpérience, la discrétion du criminel et la difficulté à collaborer avec Garzon, son partenaire désigné.

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«Rites de mort» est un roman policier plutôt singulier. Pas pour son intrigue principale qui n’est pas extraordinairement originale -une histoire de viols mystérieux sur fond de traumatismes d’enfance-, mais plutôt pour le traitement de celle-ci.

Effectivement, Alicia Giménez-Bartlett traite son intrigue policière de manière réaliste. Peu de rebondissements incroyables, pas de bases de données mirifiques où l’on trouve tout et n’importe quoi, comme dans «Les Experts». Juste deux policiers mal assortis qui peinent à trouver le moindre indice, qui suivent de nombreuses fausses pistes et qui attendent souvent (très souvent) le résultat d’une autopsie ou d’une analyse.

«Rites de mort» est également un excellent portrait de la Catalogne des années 90. On y voit le machisme très fort de la société que cela soit dans la sphère privée -les femmes sont sans cesse considérées à l’aune de leur relation avec les hommes (célibataires, mariées, divorcées, etc.)- ou professionnelle -à l’époque, les femmes flics ne sont pas encore légions-. Le roman décrit également les divisions sociales de la population barcelonaise entre riches hommes d’affaires du quartier de Gracia et adolescents de familles pauvres dans des quartiers glauques.

Ce qui rend également «Rites de mort» particulier, ce sont ses deux personnages principaux, Petra et Garzon, qui sont loin de l’archétype du héros-policier. Petra et Garzon sont humains, faillibles et complexes, ce qui les rend très attachants.

Concernant la lecture en V.O., celle-ci est plutôt facile, même si votre espagnol est un peu rouillé. La série est composée de 10 tomes en tout.

En résumé, pas le roman policier du siècle, mais des qualités intrinsèques qui changent tout. Une saga qui mérite d’être continuée.

Alicia Giménez-Bartlett, Rites de mort (titre original: Ritos de muerte), chez Rivages noir.

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