« Dune » en livre et en film

Chronique d’une très belle découverte, «Dune» de Frank Herbert, un classique incontournable de la science-fiction et de son adaptation cinématographique.

Dune movie book2An 10191, dans un univers où l’intelligence artificielle a été bannie. Le duc Léto Atréides devient le régent de la planète Arrakis. Une planète incroyablement importante puisque c’est l’unique endroit où l’on peut trouver la substance la plus précieuse de l’univers l’«Épice». Potentiellement vecteur de richesse et de puissance pour la famille Atréides, le déménagement du Duc Léto, de son fils Paul et de sa concubine Jessica est en fait un piège, car l’empereur Shaddam souhaite se débarrasser de la famille. Mais, le caractère exceptionnel de Paul va l’aider à lutter contre l’anéantissement de sa famille et à découvrir le «pouvoir du désert».

1

Le livre:

«Dune», avec son statut de classique incontournable de la science fiction, a été pour moi une excellente surprise. Principalement, parce que je ne m’attendais pas à un roman si moderne (le roman date tout de même de 1965) et si complexe. Il est difficile de parler de «Dune» en étant bref, car c’est le genre d’oeuvre sur laquelle on peut écrire toute une encyclopédie.

L’univers du «Cycle de Dune» (car oui, c’est une saga dont «Dune» est le premier tome) mélange des éléments classiques de la science-fiction -futur très lointain, voyages spatiaux, etc.- avec des éléments plus originaux tels que l’interdiction de l’intelligence artificielle (après une terrible guerre contre des machines pensantes), remplacée par le développement des capacités sensorielles ou cérébrales des humains.

Le roman de Frank Herbert a beau être temporellement très éloigné de nous, les thèmes qu’il aborde sont plus que contemporains. Dans «Dune» on voit les relations ambiguës de l’économie, de la politique et de la religion dans la recherche du pouvoir. On y voit la naissance d’un prophète et du fanatisme, on y parle d’écologie. «Dune» a également en commun avec les sagas fantastico-médiévales, telles «Game of Thrones» ou «L’assassin royal», une organisation féodale de la société où de grandes familles s’affrontent pour la suprématie.

Selon moi, un des seuls reproches que l’on peut faire à cette oeuvre, c’est son côté manichéen. Effectivement, les méchants sont caricaturalement malfaisants (violence, torture, pédophilie). Il est également difficile d’avoir de l’empathie pour Paul Atréides qui est montré essentiellement sous l’angle d’un stratège ou d’un leader religieux, peu sous l’angle d’un homme.

Remarque: je tiens à vous déconseiller fermement de lire «Dune» dans la version de poche de chez Pocket. Cette édition est, sans exagération, catastrophique. Elle est bourrée de coquilles (en général des lettres sont échangées, par exemple «môme» écrit à la place de «même») à un niveau jamais vu.

Le film:

Cette oeuvre a également été adaptée en 1984 par David Lynch avec Kyle MacLachlan dans le rôle principal. C’est une adaptation avec un statut particulier car elle est considérée comme culte, tout en étant détestée pour de nombreuses raisons. Mais comme «Le Fossoyeur de Films» parle merveilleusement bien de cette oeuvre qui le passionne, je vais plutôt vous laisser entre ses mains.

Cependant, je peux tout de même vous dire que le film de Lynch est difficilement compréhensible sans avoir lu le livre. Effectivement, pour faire rentrer «Dune» dans un film qui fait à peine plus que 2 heures, il a fallu prendre des gros raccourcis, ce qui rend l’univers assez hermétique pour le novice. Il faut signaler au passage que les effets spéciaux ont très mal vieilli (ceux des boucliers sont réellement atroces). Cependant, malgré sa montagne de défauts, le film reste intéressant pour la culture cinématographique et permet de découvrir des acteurs à leurs débuts comme MacLachlan ou encore Brad Dourif (Grima dans «Le Seigneur des Anneaux») qui décidément joue à merveille les personnages malfaisants et un peu dégoûtants. Dernière remarque: le film ne passe pas le test Bechdel.

En résumé, je conseille vraiment de tenter la lecture de ce riche classique de la science fiction et, par la suite, de vous essayer au film. Par contre, si vous désirez uniquement regarder le film, vous ne pouvez pas dire que l’on ne vous aura pas prévenus!

Publicités

13 réflexions sur “« Dune » en livre et en film

    1. Non, non « Dune » est le premier tome du cycle. Mais je dirais que c’est possible de lire uniquement le premier tome car l’histoire à une sorte de fin. Par-là, je veux dire que ça ne finit pas sur un cliffhanger. Je ne sais pas encore si je vais lire le cycle en entier…tellement de chose à lire…

    1. Sinon le reste de la saga se lit facilement? Tu les as lus en français ou en anglais? Parce que quand je vois à quel point l’édition Pocket est catastrophique, j’hésite à lire en anglais…

      1. Je les ai lu en français et ça s’essoufle vers la fin quand même… Je ne me rappelle pas du tout les coquilles, après, je les ai lu quand j’avais genre 15 ans, je n’ai pas forcément fait attention! Mais oui, peut-être qu’en anglais ça serait mieux 🙂

      2. Les anciennes éditions de poche en français avec en couverture une illustration de Siudmak sont très bien. J’imagine que cela doit encore se trouver en bouquinerie.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s