« Gatsby le magnifique », sous les paillettes le désenchantement

Découverte de l’adaptation très attendue du roman le plus célèbre de Francis Scott Fitzgerald.

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Années 1920, Nick Carraway, un jeune homme du Middle West, se rend à New York pour travailler dans la finance, espérant faire fortune. Il loue une petite maison située à côté d’un magnifique manoir où semble se dérouler tous les weekends les fêtes les plus extravagantes. Son déménagement le rapproche également de sa cousine Daisy qui habite de l’autre côté de la baie avec son mari, le très fortuné (mais très volage) Tom Buchanan. Nick finit par faire la connaissance de son voisin, Jay Gatsby, un mystérieux millionnaire qui semble bien connaître sa cousine.

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«Gatsby le magnifique» (The Great Gatsby en V.O.) est un roman que j’avais énormément apprécié, tant la plume de Fitzgerald y est belle (à lire en anglais de préférence). Donc, savoir que le roman allait être adapté par Baz Lurhmann était à la fois réjouissant et inquiétant.

Baz Luhrmann est un réalisateur coloré et baroque, amateur d’anachronismes savamment dosés. Donc, l’adaptation du roman s’annonçait explosive pour la rétine. Peut-être un peu trop. Trop de musique, trop de paillettes, trop d’effets de caméra. Le début du film souffre d’une réalisation épileptique avec un enchaînement de plans très courts, plus digne d’un clip musical que d’un film. Un peu de sobriété n’aurait probablement pas diminué la folie des fêtes de Jay Gatsby et aurait permis de reposer l’œil agressé su spectateur.

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Cependant,  une fois l’introduction passée, le film récupère un peu de sobriété et est illuminé par la présence de Leonardo DiCaprio (un acteur dont le magnétisme grandit d’année en année), parfait dans le rôle de Gatsby; un personnage complexe, à la fois fantasque et sombre, à la fois candide et malhonnête. De manière générale, le casting est excellent, les personnages principaux étant tous des personnalités complexes et subtiles à interpréter. J’ai été particulièrement étonnée par Carey Mulligan (Daisy), une actrice que j’ai trouvée jusque-là peu intéressante.

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Fidèle à lui-même, le film de Baz Luhrmann offre des costumes absolument magnifiques, à la hauteur des chefs-d’oeuvre que l’on a pu voir dans «Moulin Rouge». Il n’y a ici pas de volonté de réalisme historique. Les costumes sont donc un savant mélange de la période de l’entre-deux guerre et d’un style plus contemporain. D’ailleurs, les anachronismes placés par le réalisateur sont en accord avec le roman puisqu’il se situe dans une New-York à la frontière de la réalité et du rêve (ou du cauchemar, c’est selon…). La bande-son est également un savant mélange de jazz et de musique contemporaine, c’est surprenant, mais pas forcément déplaisant.

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«Gatsby le magnifique» est très fidèle au roman. Même s’il se concentre sur l’aspect le plus superficiel du l’histoire: l’histoire d’amour contrarié entre Gatsby et Daisy. Alors que Fitzgerald aborde dans son livre de manière plus profonde le désenchantement de sa génération et la fin du rêve américain au travers de la mise en scène de personnes vides qui remplissent leur vie de futilités et au travers du personnage de Gatsby, un homme qui va vouloir se conformer à son rêve jusqu’au bout, mais qui va se heurter à la réalité moralement corrompue de la société.

Le test Bechdel:

Le film passe le test Bechdel.

En résumé, une adaptation imparfaite, mais qui prend quelques risques artistiques bienvenus. Par contre, pour réellement comprendre l’oeuvre de Fitzgerald la lecture du livre est indispensable. 

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6 réflexions sur “« Gatsby le magnifique », sous les paillettes le désenchantement

  1. Je suis tout a fait d’accord avec toi sur tout le long. Ça m’énerve toujours de lire des critiques ou je lis « mais c’était pas comme ca du tout les années 20! La c’est trop bling bling »… Oui mais avec Baz c’est comme ça, ça plait ou ça plait pas mais c’est pas censé être réaliste.

    J’ai moi aussi trouve Brad Pitt incroyable et j’avais bien apprécié l’actrice qui joue Daisy dans Never let me go.

  2. C’est toujours difficile de passer du livre au film… Peut-être dans quelques temps mais pour l’instant, je n’en ai pas très envie malgré ta critique qui a l’air plutôt convaincue.

  3. J’avais tant aimé le roman (comme tout Scott Fitzgerald d’ailleurs) et l’adaptation de 1974 (avec Robert Redford et Mia Farrow) que je n’ose pas trop aller voir le Luhrmann (d’autant plus que je n’ai pas du tout accroché à Moulin Rouge).

    1. Mmmh c’est vrai que Baz Luhrmann c’est particulier. Moi j’aime bien ce qu’il fait, mais pas tout, genre Australia m’a pas trop plus: trop de filtres sur les caméras…

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