[Classique du cinéma] « Certains l’aiment chaud » de Billy Wilder

Découverte d’une comédie de 1959, avec la sublime Marylin Monroe, en chanteuse d’un jazz-band où vont aller se réfugier deux musiciens recherchés par la pègre.

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Deux musiciens sans le sou, Joe et Jerry, sont les témoins involontaires d’une tuerie organisée par la mafia. Afin d’échapper aux sbires qui veulent les éliminer, ils se font engager, en se travestissant, dans un orchestre de jazz composé uniquement de femmes. Devenus Joséphine et Daphné, les deux compères se rendent en Floride avec le groupe. Là, ils font la connaissance de Sugar Kane, la chanteuse de la troupe. Joe a instantanément un coup de foudre pour la belle. Mais, entre la nécessité de garder leur identité masculine secrète, les mafieux qui les recherchent et l’amour naissant de Joe pour Sugar, le séjour sous les palmiers s’annonce mouvementé.

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fin1Peu amatrice de comédie, «Certains l’aiment chaud» («Some like it hot» en V.O.) fut un réel plaisir à regarder. Pas forcément pour ses ressorts comiques qui sont à la base de quasiment toutes les comédies classiques américaines. D’ailleurs, en regardant ce film, on a l’impression que les comédies américaines n’ont pas beaucoup évoluées et que les réalisateurs actuels se contentent de tout piquer à Billy Wilder. Mais surtout pour son côté irrévérencieux et sa façon très maligne de flirter avec le Code Hays. Le Code Hays, qu’est-ce-que c’est? Appelé également Motion Picture Production Code, le Code Hays a sévi de 1934 à 1966 auprès des cinéastes américains comme outil d’autocensure. Cette directive avait pour but d’éviter la production de films amoraux en interdisant toutes sortes de représentations à l’écran (pour plus de précisions, c’est ici) sous peine que les films soient censurés.

Et on peut dire que «Certains l’aiment chaud» en fait voir de toutes les couleurs au Code Hays. Tout d’abord, parce qu’il représente à l’écran des hommes qui se travestissent, qui finissent par apprécier cela et également par prendre conscience de certaines problématiques auxquelles sont confrontées les femmes de cette époque (le fait de se faire tripoter par des malotrus, notamment). Pire encore, un des hommes travestis finit par avoir envie de se marier avec un autre homme. Pour l’époque, c’est absolument scandaleux. Mais comme tout est présenté sur le ton de la comédie, cela passe comme une lettre à la poste.

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Un autre point où le film flirte avec le code, ce sont les tenues de Marylin Monroe qui sont extrêmement sexy: transparence, dentelle, paillettes et décolleté vertigineux dans le dos. Homme ou femme, il est difficile de détacher ses yeux de corps qui, en plus, est totalement à contre-courant de ce l’on voit aujourd’hui au cinéma.

«Certains l’aiment chaud» est à voir absolument en V.O., car même si la V.F. a été supervisée par Raymond Queneau, les traits d’humour du film ont été passablement modifié. Ce qui était totalement justifiable à l’époque, car il n’existait la perméabilité de l’information qui aujourd’hui nous permet de comprendre quasiment tous les jeux de mots et les références d’une série ou d’un film américain.

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Le test Bechdel:

Le film passe le test. Par contre, on pourra bien sûr être dérangé par le rôle de Marylin qui joue une ingénue, dont le but est de se marier avec un millionnaire pour avoir la belle vie et également par le fait que le corps de Marylin Monroe était probablement utilisé comme argument de vente pour le film. Mais, remis dans son contexte historique, le film reste très moderne et irrévérencieux.

En résumé, un classique de la comédie à voir pour sa modernité précoce.

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10 réflexions sur “[Classique du cinéma] « Certains l’aiment chaud » de Billy Wilder

  1. Ah, un des meilleurs Wilder, et une des répliques culte du cinéma (la dernière : « Nobody’s perfect »). J’ai passé mon adolescence dans les salles de ciné « art et essai » à voir ce genre de films, il y a tant de films merveilleux dans les années 30 à 70, qu’on ne montre plus…

    1. Bon, de mon côté, je ne peux pas me revendiquer comme une amatrice de vieux films, mais de temps en temps, j’aime bien voir des films qui ont marqué l’histoire du cinéma

  2. Apres avoir lu Blonde, je m’etais achete 2 coffrets des films de Marilyn. Je suis totalement a la masse sur les « classiques » que j’aimerai decouvrir. Le DVD est la, la tele aussi. Ne manque plus que le temps de combiner tout ca!

      1. ca marche, je note pour le jour de pluie (pas difficile a trouver en angleterre) et le popcorn (pas dur non plus ;-))

  3. Il me rappelle des souvenirs d’enfance ce film, ma sœur était une fan de Marylin quand elle était ado et j’ai vu beaucoup de ses films à cette période là 🙂 !

  4. C’est marrant il est passé sur TCM samedi soir et je l’ai regardé pour la première fois en entier… et j’ai adoré! J’ai parfois de la peine à apprécier ces films vintage culte mais là je dois dire que c’était tordant… Et je suis fascinée par l’hôtel où il a été tourné, qui n’est pas en Floride comme le prétend le scénario mais sur l’île de Coronado Island, face à San Diego, on y est passé en voiture l’été dernier avec mon bonami! ❤ Quant aux seins de Marilyn…. totalement indécents!

    1. Haha oui les seins de Marilyn…j’ai même été jusqu’à me demander si ça passerait encore aujourd’hui, vu que les américains sont obsédés par le fait de planquer les tétons et la vraie forme des seins…

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