« Poulet aux prunes », une recette colorée pour palais avertis

Découverte de «Poulet aux prunes», l’adaptation d’une BD de Marjane Satrapi par elle-même. Un film coloré (trop?) et légèrement surréaliste.

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2Téhéran, 1958. Nasser Ali Khan, un célèbre violoniste, a perdu le goût de vivre depuis que son violon fétiche a été brisé. Dans l’impossibilité de trouver un violon de remplacement, il s’alite et décide d’attendre la mort. Durant sa lente agonie, il se remémorent sa jeunesse et va même jusqu’à converser avec Azraël, l’ange de la mort. Des souvenirs et des conversations qui permettront de mieux comprendre le passé et l’avenir de Nasser Ali et de ses proches.

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La série «Persépolis» de Marjane Satrapi est une oeuvre très marquante pour moi, notamment parce que je l’ai lu dans son intégralité en une nuit, hypnotisée par ce récit. Logiquement, j’ai également adoré son adaptation au cinéma en 2007. Quatre ans plus tard, Marjane Satrapi revient avec l’adaptation de «Poulet aux prunes», une autre de ses bandes dessinées, toujours avec Vincent Paronnaud comme complice.

Pour «Poulet aux prunes», Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud prennent des risques. Effectivement, cette fois, les réalisateurs s’éloignent du noir et blanc de la bande dessinée originale et mettent de la couleur, beaucoup de couleurs. En plus de cela, «Poulet aux prunes» mélange plusieurs techniques -les prises de vue réelles, les images de synthèses et le dessin animé- pour illustrer l’histoire de ce violoniste égocentrique, intéressé par sa seule musique, au détriment de sa femme et de ses enfants.

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Ce film sera probablement clivant et ne plaira pas à tout le monde par son parti pris: une esthétique ultra-colorée, des décors qui ont un côté volontairement artificiel et une représentation du monde qui ne cherche pas à être réaliste. Personnellement, j’ai apprécié et été touchée par «Poulet aux prunes», car on y retrouve la poésie et l’humour de Marjane Satrapi. De plus, l’histoire nous transporte dans un Iran nostalgique, terriblement différent de ce que l’on voit aujourd’hui de cette république devenue islamique.

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Cependant, le film est loin d’être parfait. Par exemple, les prestations des acteurs, particulièrement pour les rôles secondaires (les personnages joués par Jamel Debbouze ou le maître de violon, par exemple), ne sont pas très convaincantes et le jeu de ces derniers est presque aussi artificiel que le décor. Mais, le tout est rattrapé par Mathieu Amalric qui interprète très bien le personnage légèrement irascible de Nasser Ali. Tout comme, Édouard Baer qui interprète un ange de la mort plutôt sympathique.

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Le test Bechdel:

Le film ne passe pas le test, car les personnages féminins ne se parlent jamais.

En résumé, un film avec un parti pris esthétique qui pourra ne pas plaire, mais dans lequel subsiste toujours le talent de conteuse de Satrapi.

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