Peste et Choléra / Patrick Deville

Découverte d’un personnage franco-suisse, peu connu dans les pays où il a grandi et étudié, mais quasiment vénéré au Vietnam.

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Suisse, fin du 19ème siècle. Le jeune Alexandre Yersin part étudié la médecine en Allemagne, puis en France à l’Institut Pasteur où il montre un talent prometteur pour la recherche. Malgré son succès académique et la carrière qui semble lui tendre les bras, Yersin décide d’explorer le monde et part en Indochine. En Asie, Alexandre Yersin est confronté à la peste, maladie dont il arrivera à isoler le bacille et pour laquelle il développera un vaccin. A Nha Tang, Yersin forme autour de lui une communauté de chercheurs qui étudient un grand nombre de domaines, au gré des lubies variées de leur maître.

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Cheval de course des prix de la rentrée littéraire de l’année 2012, je me suis lancée dans la lecture du surprenant «Peste et Choléra» de Patrick Deville. Une biographie romancée très bien écrite, qui en apprendra probablement beaucoup au lecteur, mais qui souffre de quelques répétitions.

Après «Oona & Salinger», encore une biographie romancée! Même style et même source de découverte, mais époque, domaine et partie du globe différente. «Peste et Choléra» raconte le parcours étonnant et inhabituel d’un jeune chercheur qui va accomplir de grandes choses, mais qui ne voudra jamais se conformer à son destin de «scientifique nobélisable», car trop curieux, trop hétéroclite et trop assoiffé de voyage. Médecine, biologie, botanique, agronomie, astronomie: Alexandre Yersin passe d’une discipline à l’autre au gré de ses envies, formant également au passage quelques autochtones indochinois dans la région de Nha Trang (aujourd’hui le Vietnam) où il finit par élire domicile.

Par ses exploits, Alexandre Yersin a tout du héros. Après tout, il sauve l’Asie de la peste et donne son nom au bacille (Yersinia Pestis). Mais son profil permet difficilement d’endosser un pareil rôle. Mêlant une grande générosité à un profond égocentrisme, il est également peu doué pour les relations sociales, un poil misanthrope et misogyne, malgré un grand attachement fort à sa mère et à sa sœur. Yersin est, au final, un personnage ambivalent, difficile à aimer, mais impossible à détester.

Cette complexité rend le parcours du Docteur Yersin fascinant. De plus, on relèvera la grande qualité de l’écriture de Patrick Deville, très caractéristique et surprenante au premier abord, pour ce roman où le jeune Yersin alterne avec le vieux Yersin, étroitement surveillé par un «fantôme du futur» qui n’est autre que la représentation de l’auteur.

Cependant, le roman à partir de sa moitié devient répétitif. Effectivement, le récit n’étant pas chronologique et sautant d’une époque à l’autre, on finit par repasser par les mêmes événements et les mêmes situations auxquels on ajoute simplement des détails. Malgré un fort enthousiasme, j’ai donc un peu peiné dans ma lecture dans sa deuxième partie.

En résumé, une biographie romancée au style étonnant qui en apprendra beaucoup au lecteur sur le monde de la recherche scientifique. Mais, un roman assez clivant qui plaira ou pas!

 Patrick Deville, «Peste et Choléra», Paris: Éditions Points, 2013, 253 pages.

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