« Les grandes ondes (à l’ouest) », une comédie suisso-portugaise vintage

Découverte d’un «feel good movie» made in Switzerland, mais aux saveurs lusitaniennes.

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Suisse, 1974. Suite à des pressions politiques de la part d’un Conseiller fédéral, le directeur de la Radio Suisse Romande (RSR), Philippe de Roulet, se voit forcé de diffuser à l’antenne des programmes gais et surtout positifs pour l’image du pays. Le directeur envoie alors trois journalistes de choc au Portugal pour qu’ils réalisent un reportage consacré à l’aide apportée par la Suisse pour le développement économique du pays. Cauvin, le vieux journaliste bougon; Julie, la jeune journaliste féministe et Bob, leur technicien vont alors avoir de la peine à tenir le programme prévu, notamment face à la Révolution des Œillets qui va bousculer tout le pays.

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Il faut avouer que, malgré les très bonnes critiques, j’ai débuté le visionnement de ce film avec un enthousiasme mesuré, un peu embêtée par le côté «déjà vu» du film, sachant qu’un vieux bougon macho et une féministe, c’est un duo récurrent de pas mal de comédies.

Mais, au fur et à mesure du film, on se rend compte que le film est une sorte d’hommage aux comédies des années 70. Personnellement, «Les grandes ondes» m’a fait penser à de ces vieilles comédies italiennes qui passent en boucle à l’approche des fêtes sur les chaînes transalpines et que j’ai vu étant enfant. Autant le dire tout de suite, ce n’est pas un genre dont je suis férue. Cependant, cela ne m’a pas empêché d’apprécier le film.

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On appréciera tout d’abord la belle recherche dans l’esthétique vintage. Voiture, habits, coiffure, ambiance, tout y est. De plus, les personnages (particulièrement Bob, le technicien et Pelé, le traducteur portugais qui a appris le français en regardant les films de Pagnol) et les dialogues sont assez savoureux, le tout étant porté par des interprètes convaincants (Valérie Donzelli, Michel Vuillermoz et Patrick Lapp). Beaucoup de situations sont franchement drôles, notamment lorsque Cauvin s’obstine à parler portugais, alors qu’il ne le maîtrise pas. Ce qui donne quelques dialogues assez fameux entre lui et des autochtones effarés de ce qu’ils entendent.

Le film, même si son ton est très léger, prend volontiers en dérision des sujets sérieux comme la condescendance des Suisses de l’époque face aux Portugais ou encore la mauvaise gestion de l’aide au développement.

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On notera également que le film est un caméo géant du cinéma suisse avec Jean-Stéphane Bron (le réalisateur de «L’expérience Blocher») en directeur de la RSR, ainsi que le réalisateur du film, Lionel Baier, la réalisatrice Ursula Meier («L’Enfant d’en haut») et le réalisateur Frédéric Mermoud en journalistes belges (une référence à nos voisins français qui confondent souvent les accents suisses et belges?)

Cependant, le film pèche un peu par sa fin un peu brouillonne et pas très inspirée. On appréciera (ou pas, mais, en tout cas, c’est surprenant!) la scène de comédie musicale qui s’insère dans le film.

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Le test Bechdel:

Même avec une féministe comme personnage, le film ne passe malheureusement pas le test Bechdel.

En résumé, une comédie légère et positive que les amateurs de comédies vintage apprécieront.

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