Le dernier jour d’un condamné / Victor Hugo

Découverte du pamphlet classique par excellence sur la peine de mort, celui de M. Victor Hugo.

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Le roman se présente comme le journal qu’un condamné à mort. Ce dernier raconte les dernières 24 heures de vie et les dernières pensées du condamné durant les six semaines qui ont précédé son exécution.  Ce dernier raconte son angoisse, ses regrets, sa colère et ses souffrances face à cette sentence irrévocable.

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Si vous êtes intéressé-e-s comme moi par l’univers carcéral et la manière de punir dans une société, vous pouvez d’abord lire «Surveiller et punir» de Michel Foucault, mais il faut avouer que ce n’est pas une lecture très digeste. Mais d’autres lectures peuvent nourrir votre réflexion sur le sujet, comme «Le dernier jour d’un condamné» du très vénérable Victor Hugo.

Il faut savoir que ce pamphlet d’Hugo a d’abord été édité en 1829 sans nom d’auteur, ce n’est que 3 ans et beaucoup de polémique plus tard que Victor Hugo le complète d’une préface et le signe.

Dans ce roman, présenté comme un journal intime, l’auteur met en scène un condamné anonyme. Il n’a pas de nom, pas de profession. On ne connaît pas son apparence et surtout on ne connaît pas son crime. On comprend seulement que l’homme ne fait pas partie des classes sociales les plus basses, car il est lettré et cultivé. Le lecteur apprendra également qu’il est marié et père d’une fillette.

Cet anonymat de l’homme et du crime est un parti pris de Victor Hugo qui était farouchement opposé à la peine de mort, dans tous les cas, sans exception. Ainsi, ce pamphlet se veut être une discussion éthique sur le principe même de la peine de mort et pas sur le fait que le condamné ait mérité ou pas sa peine. D’ailleurs, on ne sait même pas si le narrateur est coupable du crime pour lequel il a été condamné. De cet homme, on connaît seulement la lente agonie psychologique:

Ils disent que ce n’est rien, qu’on ne souffre pas, que c’est une fin douce, que la mort de cette façon est bien simplifiée. Eh! Qu’est-ce donc que cette agonie de six semaines et ce râle de tout un jour? Qu’est-ce que les angoisses de cette journée irréparable, qui s’écoule si lentement et si vite? Qu’est-ce que cette échelle de torture qui aboutit à l’échafaud? Apparemment, ce n’est pas souffrir. Ne sont-ce pas les mêmes convulsions, que le sang qui s’épuise goutte à goutte, ou que l’intelligence qui s’éteigne pensée après pensée.

En plus de s’élever contre le principe de la peine de mort, l’auteur s’élève aussi contre le côté spectacle que l’on donne à l’exécution à cette époque.

«Le dernier jour d’un condamné» de Victor Hugo est une très bonne façon de débuter une réflexion sur la peine de mort, car les 186 ans qui nous sépare de cette oeuvre ne la rende pas obsolète. De plus, c’est un roman court, facile à lire (à l’exception peut-être de la préface).

En résumé, un bon moyen de lire un des plus grands auteurs français et un des pamphlets les plus connus sur la peine de mort. 

Disponible dans toutes les éditions possibles et imaginables, également gratuitement et légalement en format e-book

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13 réflexions sur “Le dernier jour d’un condamné / Victor Hugo

  1. Tout à fait d’accord, c’est un roman indispensable sur ce thème. Je te conseille si tu le souhaite, la lecture de l’exécution puis de l’abolition de Badinter ! 2 ouvrages vraiment remarquables !

  2. j’avais adoré ! je l’ai lu au lycée et j’avais trouvé ça très intéressant. Et puis comme tu dis c’était une bonne manière de découvrir Victor Hugo (sans lire 2000pages…)

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