[Classique du cinéma]: « Breaking the waves » de Lars von Trier

Découverte de «Breaking the Waves», le film qui a fait connaître Lars von Trier au grand public: un vrai choc!

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Bess, une jeune femme issue d’une communauté religieuse rigoriste écossaise, se marie à Jan, un ouvrier qui travaille sur une plate-forme pétrolière. La relation des deux jeunes gens est passionnelle et sans limite, surtout pour Bess et sa personnalité candide et mystique. Le malheur s’abat sur le couple lorsque Jan est paralysé après un accident de travail. Comme ce dernier ne veut pas qu’elle reste attachée à un homme grabataire, il lui demande de coucher avec d’autres hommes et de lui raconter les détails. Bess accepte croyant que ses actes ont une influence sur l’état de santé de Jan.

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Après avoir vu «Melancolia» et les deux volumes de «Nymphomaniac», j’ai décidé de poursuivre ma découverte du réalisateur controversé Lars von Trier avec «Breaking the Waves», Grand prix du Jury à Cannes en 1996.  Un film qui laisse une trace indélébile dans l’esprit du spectateur.

Le ressenti que ce film laisse au spectateur? C’est comme si Lars von Trier vous ouvrait le ventre et tripotait vos entrailles en rigolant et en vous disant: «ça fait mal, hein!». Effectivement, «Breaking the Waves» atteint des sommets de violence psychologique et de sadisme.

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Ce film fait partie de la «trilogie des cœurs d’or» avec «Les idiots» et «Dancer in the Dark». Il met en scène une jeune femme d’une bonté sans limite (ou atteinte de troubles psychologiques, l’ambiguïté est conservée) qui va absolument tout faire pour sauver son bien-aimé à travers des actes à priori irrationnels. Effectivement, Bess est persuadée que l’accident de Jan est un châtiment pour ses trop nombreuses demandes à Dieu concernant son retour (le travail de Jan l’éloigne plusieurs semaines de Bess) et que celui-ci ne pourra aller mieux que si elle réalise ses fantasmes, c’est-à-dire qu’elle couche avec d’autres hommes. Bess ira de plus en plus loin, donnera tout (son corps, son âme), perdra tout (sa famille, sa place dans sa communauté) jusqu’à l’ultime sacrifice pour «sauver» Jan.

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La déchéance que va s’infliger Bess ne peut que retourner le spectateur, parfois le révolter. Comment ce réalisateur peut-il faire subir autant d’horreurs à cette jeune femme douce et fragile? A tête reposée, on se rend compte qu’il y a chez le réalisateur une admiration pour son personnage qui donne tout et qui est animé d’une flamme ardente. Flamme qui contraste avec le bigotisme grisâtre et froid de la communauté dans laquelle elle vit.

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Comme à son habitude, Lars von Trier segmente son histoire en chapitres, grâce à des séquences filmées de paysages, accompagnées d’une musique souvent douce et joyeuse (une façon de reposer le spectateur (!) face à la violence de cette histoire, d’après le réalisateur). A noter, l’incroyable performance d’Emily Watson, inconnue à l’époque, qui interprète Bess avec son cœur et ses tripes.

Le test Bechdel:

Le film passe le test Bechdel. Cependant, on se questionnera sur cet exemple de sacrifice féminin: encore une femme qui sacrifie tout pour un homme? Ou simplement un exemple d’amour incommensurable et de croyances dévorantes?

En résumé, un film difficile qui mérite une réflexion post-visionnage, mais qui ne manquera de provoquer de vives émotions chez le spectateur à la recherche de pure moment de cinéma. 

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