« Le Hobbit: La Bataille des Cinq Armées », beaucoup d’action, peu d’émotions

Chronique de l’ultime volet du «Hobbit», probablement le meilleur de la série, même s’il reste faible au niveau de l’écriture.

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2Suite à la tentative ratée des Nains de tuer le dragon Smaug, ce dernier se dirige vers Lacville et détruit la ville. Bard, avec l’aide de son fils, tue le dragon Smaug. Erebor, désormais libérée du dragon, devient le centre d’attention de tous: hommes, nains, elfes et orques. A la recherche de l’Arkenstone, Thorin est contaminé par la paranoïa de l’or, alors qu’hors de ses murs se trame une immense bataille.

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Je me suis rendue au cinéma pour voir la fin de la trilogie du «Hobbit» en sautillant d’un pied et en traînant de l’autre. Pourquoi? Parce que comme vous l’aurez déjà lu dans ma critique du deuxième volet, je suis une grande fan de l’univers de Tolkien, mais pas vraiment de l’adaptation du «Hobbit».

Ce dernier volet mise clairement sur la beauté des décors et sur l’adrénaline des batailles. Les avancées technologiques permettent de magnifiques scènes, telle que la destruction de Lacville par le dragon Smaug, un dragon cruel, pervers et terrifiant que l’on suit dans les airs durant sa vengeance destructrice. «Le Hobbit: La Bataille des Cinq Armées» est également le film le plus sombre, avec un Thorin qui plonge dans la paranoïa (évocation à la fois du dragon et de Gollum), et le plus violent de la trilogie, avec la mort de plusieurs personnages importants. Les armures sont chatoyantes, les montures exotiques (un élan, un cochon, un mouflon) et les orques très vilains, donc la bataille est belle.

THE HOBBIT: THE BATTLE OF THE FIVE ARMIES

Le problème, c’est que l’oeuvre de Tolkien mérite une adaptation plus que divertissante. Comme pour le «Seigneur des Anneaux», «Le Hobbit» aurait mérité d’être touchant, inquiétant, profond et bien écrit. Malhreusement, ce n’est pas le cas.

Le film est proche du «zéro émotionnel», alors que plusieurs personnages attachants ou importants meurent. Les décès de ces personnages sont tellement mal intégrés dans le scénario qu’ils ressemblent à des anecdotes. Où est passé le Peter Jackson qui arrivait à donner des frissons avec l’épique scène du roi Théoden frappant de son épée la lance de tous ses soldats après un discours harangueur?

THE HOBBIT: THE DESOLATION OF SMAUG

Le problème est probablement dû au mélange de style: mi-saga épique, mi-conte. Effectivement, à chaque fois que le spectateur commence à avoir peur, le scénario amène quelques éléments comiques, ce qui désamorce toute implication émotionnelle. Difficile de comprendre ce parti pris de mélanger un univers épique et un univers plus enfantin, car même si «Bilbo le Hobbit» s’adresse à un public plus jeune que celui du «Seigneur des Anneaux», le film n’est absolument pas adapté aux enfants (âge légal 12 ans, âge conseillé 14 ans) à moins d’avoir envie qu’ils fassent des cauchemars avec des orques pendant des mois.

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Peut-être Peter Jackson pensait-il remplir le vide émotionnel de son film avec les pièces rapportées un peu dégoulinantes que sont les relations père-fils de Thranduil et de Legolas (qui, de plus, sont incohérentes au regard de la suite de l’histoire) ou la relation de Tauriel et de Kili. A ce sujet, il est compréhensible que les scénaristes aient voulu ajouter un personnage féminin important, mais en quoi ajouter un personnage de sexe féminin, dont tous les enjeux tournent autour de son éventuelle d’histoire d’amour, est-il progressiste?

Je me permettrais également de râler une nouvelle fois sur la couleur fluorescente de la Comté qui a vraiment l’air en toc, comparativement à la précédente trilogie.

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Le test Bechdel:

Miracle! Le film passe le test, même si c’est de manière très limite.

En résumé, un ultime volet de meilleur facture que ses prédécesseurs, mais un film toujours desservi par son mélange de style.

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2 réflexions sur “« Le Hobbit: La Bataille des Cinq Armées », beaucoup d’action, peu d’émotions

  1. « Le film est proche du «zéro émotionnel» »

    Je pense que tu as tout dit avec ça 🙂

    J’ai souvent pensé qu’il était tant que ça se termine pendant le visionnage. Même les phases de batailles, pourtant le coeur du film, paraissaient peu crédibles à certains moments. Et que dire du gâchis de la fin de l’affrontement avec Smaug …

    Une semi-déception, mais qui se maintient à flot de part ses nombreuses références à la trilogie SdA qui, elle, envoie le pâté 🙂

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