« Nymph()maniac volume I et II », dépression, philosophie et sexe débridé

Découverte du provocant «Nymph()maniac» du non moins sulfureux Lars von Trier. Une oeuvre qui ne fait de loin pas l’unanimité, mais qui est bien plus qu’un film à tendance pornographique.

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En rentrant chez lui, Seligman, un homme d’un certain âge, découvre dans une ruelle une jeune femme blessée. Il l’accueille chez lui et entame avec elle, autour d’un thé, une longue conversation avec la jeune femme à propos de sa nymphomanie.

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Autant le dire tout de suite, «Nymph()maniac» n’est pas un film tout public (mais ça, vous l’aurez sûrement deviné), mais surtout ne plaira pas à tout le monde, tant le style de Lars von Trier est particulier et provoque des réactions tranchées. Mais, avant de parler du contenu du film en lui-même, il est important de rétablir la vérité. Malgré ses scènes de sexes très crues, proches du pornographique, on ne peut pas vraiment qualifier «Nymph()maniac» de film érotique, car la situation de mal-être du personnage principal est telle que cela surpasse le côté émoustillant des images (Précision: je parle, ici, de la version cinéma et non de la version director’s cut qui elle ne coupe absolument aucune scène de sexe).

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Malgré un côté que l’on pourrait qualifier de racoleur, «Nymph()maniac» est un film profondément triste et plutôt désabusé. Il fait d’ailleurs partie avec «Antichrist» et «Melancolia» de la «trilogie de la dépression», maladie dont souffre également le réalisateur. «Nymph()maniac» met en scène Joe, une jeune femme assoiffée de liberté, mais qui peine également à trouver un sens à sa vie. Joe, presque à l’état de coquille vide semble totalement absente, sauf lors de la consommation effrénée de sexe, guidée par un besoin d’aller toujours plus loin pour ressentir quelque chose, un besoin au final destructeur.

L’histoire de Joe est racontée en huit chapitres, la narration se faisant à travers la conversation de Joe et de Seligman, l’homme qui la recueille. Cette conversation mêle récits de la sexualité débridée de Joe et conversations philosophiques. Plus que les scènes de sexe, c’est bien cette relation qui est intéressante.

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Le casting du film est de très haut niveau. On remarquera les très belles prestations de Stacy Martin et Charlotte Gainsbourg qui interprètent Joe à des époques différentes et les très bons seconds rôles masculins de Stellan Skarsgård, Shia LaBeouf et Jamie Bell (Billy Eliott en maître sado-maso…). On notera aussi la magnifique apparition d’Uma Thurman en femme trompée par son mari.

Alors clairement «Nymph()maniac» n’est pas exempt de défaut. Il n’est pas toujours facile de voir où le réalisateur veut en venir dans cette histoire, au final, atrocement déprimante. On peut également trouver le séquençage en chapitre un peu lourdingue. Mais, j’ai éprouvé une énorme fascination pour le dialogue de Joe et Seligman et malgré un goût un peu trop prononcé (voire douteux) pour la provocation, Lars von Trier reste un réalisateur talentueux (qui ose, de plus, faire une scène d’ouverture avec du Rammstein en fond sonore).

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Le test Bechdel:

Les deux volumes de «Nymph()maniac» passent le test Bechdel. On perçoit dans ce film une volonté du réalisateur de se montrer comme anti-machiste. Cependant, on peut douter de la sincérité du réalisateur et avoir l’impression que c’est une façon de se dédouaner des critiques de misogynie accolées au film «Antichrist».

En résumé, un film qui pourra plaire comme outrer le spectateur, mais qui n’est vraiment pas dénué d’intérêt.

Bande-annonce:

 

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6 réflexions sur “« Nymph()maniac volume I et II », dépression, philosophie et sexe débridé

  1. C’est un film que j’ai toujours eu très envie de voir car j’adore Lars von Trier et Charlotte Gainsbourg qu’il adore filmer. Malheureusement je n’en ai jamais eu l’occasion. Ta chronique est une bonne piqure de rappel.

  2. Autant je suis d’accord avec toi sur le Volume I, je lui ai trouvé une vraie poésie de la depression , une vraie beauté dans le desespoir et une scène de fin poignante au possible. Mais alors le second opus perd ce charme pour devenir simplement brutal et tomber dans le trash le plus total. Je suis sortie du ciné avec un gout amer. Je me serais contentée du 1er opus …

    1. C’est vrai que j’ai trouvé aussi le premier opus un peu plus intéressant, mais disons comme j’ai vu les deux films à la suite, je l’ai plutôt juger comme un seul film et je n’ai pas vraiment comparé le un et le deux.

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