« Seule contre tous », un thriller-vérité sur la traite des femmes

Attention, ce film risque de vous rendre furieux et révolté, mais c’est un mal nécessaire pour découvrir la face cachée de l’aide internationale.

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Kathryn Bolkovac, une policière désireuse de gagner plus d’argent pour pouvoir se rapprocher de son fils, dont la garde a été attribuée à son mari, s’engage en tant que «peacekeeper» dans les Balkans. Là-bas, elle est rapidement confrontée à la difficulté d’être policier dans ce pays ravagé par les conflits ethniques. Elle découvre également rapidement qu’il existe une traite de femmes, prostituées de force et souvent torturées. Pire encore, Kathryn se rend compte que les employés masculins de l’entreprise de sécurité dans laquelle elle travaille se rendent souvent dans ces bordels de l’horreur.

1Sorti en 2010, «Seule contre tous» relate une histoire malheureusement vraie et particulièrement scandaleuse: la participation d’employés de sociétés de sécurité (mandatées par l’ONU) dans un trafic de femmes durant leur mission dans les Balkans.

L’intérêt principal du film réside évidemment dans la dénonciation de l’affaire en elle-même, mais aussi de l’indifférence des Etats-Unis, qui n’ont jamais inquiété les acteurs de ce trafic, et de l’ONU, qui a préféré faire l’autruche au lieu de remettre en question l’emploi de sociétés de sécurité privées.

Car, en plus du comportement proprement inhumain de certains employés de ces sociétés de sécurité, le spectateur sera halluciné de l’inaction des supérieurs de Kathryn Bolkovac qui ne cherchent qu’une chose: éviter le scandale et faire taire Kathryn, sans la moindre compassion pour ces femmes qui vivent un enfer innommable.

«Seule contre tous» est le premier long-métrage de Larysa Kondracki, Canadienne d’origine ukrainienne, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle applique un traitement plutôt intelligent à son sujet. Effectivement, au lieu d’avoir recours aux larmes et aux violons, la réalisatrice transforme le récit en thriller et nous fait suivre l’enquête pleine d’adrénaline de Kathryn. La réalisatrice dose également bien l’horreur de son film puisqu’elle ne multiplie pas les atroces scènes de viol (il y en a une seule, suffisamment horrible pour avoir de la peine à l’oublier). Les images des cachots où vivent ces femmes suffisent au dégoût et permettent à la peur de s’insinuer dans l’esprit du spectateur.

«Seule contre tous» est aussi l’histoire admirable d’une femme (très bien interprétée par Rachel Weisz, qui mélange justesse et sobriété) qui a tout risqué pour sauver ces jeunes filles de l’indifférence bureaucratique. Une petite lueur d’espoir qui rassure le spectateur sur la nature humaine après tant d’horreur.

Le test Bechdel:

Le film passe le test haut la main !

En résumé, un thriller classique, mais très bien mené, qui permet de diffuser largement une affaire que beaucoup ont essayé d’étouffer.

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