« Long week-end » de Joyce Maynard et son adaptation cinématographique

Découverte de «Long week-end», une histoire émouvante, inhabituelle et bien racontée, ainsi que de son adaptation récente «Last days of summer», réalisée par Jason Reitman.

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Années 1980. Henry, un garçon de 13 ans, est seul avec sa mère, Adele. Celle-ci vit quasiment recluse depuis que son mari l’a quittée et est allé reconstruire sa vie avec une autre femme. Lors d’une de leur rare virée au supermarché, Henry est abordé par un homme qui lui demande de l’aide poliment, mais fermement. Étonnamment, sa mère accepte de dépanner l’homme qui demande à pouvoir passer un moment chez eux. L’homme, Frank, est en fait un détenu condamné pour meurtre qui a réussi à s’évader après une opération de l’appendicite. Loin du sanguinaire dépeint par les médias, Frank se révèle être un homme de bien.

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Le livre

«Long week-end» de l’écrivaine américaine Joyce Maynard est une petite pépite que j’ai découverte ici. Si vous lisez souvent les articles de ce blog, vous savez que son auteur n’est pas vraiment un «cœur d’artichaut» et que c’est plutôt le genre à fuir les romans convenus avec histoire d’amour et personnages paumés qui finissent heureux et plein d’enfants. Mais, le livre dont nous parlons ici a touché son petit cœur de pierre et risque de faire de même avec le vôtre.

«Long week-end» est une histoire belle et inhabituelle, commencée dans la bulle impénétrable et moite d’un long week-end férié. Elle est racontée du point de vue d’Henry; un garçon qui aime terriblement sa mère, mais qui la porte aussi comme un fardeau, car elle n’a que lui et il est le seul qui arrive, de temps en temps, à la rendre heureuse.

L’arrivée de Frank va sérieusement secouer le quotidien du duo mère-fils. D’abord apeurés, ils vont rapidement se laisser conquérir par Frank qui, malgré sa détermination dans le fait de ne pas se laisser dénoncer par ses hôtes, n’est jamais agressif et, au contraire, fait preuve de douceur et d’une grande attention envers Henry et surtout envers Adele. Effectivement, au fil de l’histoire, le camp des séquestrés change de côté. Frank qui les retenait se retrouve emprisonné par les liens qu’il tisse avec Adèle, car cette femme, devenue l’ombre d’elle-même, se révèle être pleine de vie et passionnée.

Malgré son écriture plutôt simple, ce livre est un petit coup de cœur. La principale qualité de «Long week-end» est le réalisme de la narration faite par Henry; la narration d’un ado trop mature pour son âge, mais toujours empreint de craintes enfantines. Il n’est pas question de dévoiler la fin de cette histoire, mais sachez qu’elle oscille subtilement entre espoir et amertume, ce qui renforce encore sa beauté.

Joyce Maynard, Long week-end (titre original: Labor Day), Paris: Éditions 10/18, 2009, 251 pages.

L’adaptation cinématographique: «Last days of summer»

Jason Reitman, le réalisateur des très bons «Juno» et «Thank You For Smoking», s’est donc lancé dans l’adaptation du livre de Joyce Maynard. Le film est globalement très bien réalisé et l‘ambiance moite et languissante de cette petite ville américaine est très bien rendue, même si «Last days of summer» n’est pas une révolution cinématographique.

La construction du récit est intéressante, notamment celle de l’histoire de Frank qui se fait, non à travers sa bouche comme dans le livre, mais sous forme de flash-backs décousus qui prennent leur sens à la fin de l’histoire. Le casting est également très adéquat. Kate Winslet est parfaite dans le rôle d’Adele, un mélange subtil de force et de fragilité. Tout comme Josh Brolin, inquiétant et fascinant dans le rôle de Frank. La seule désillusion provient du jeune acteur qui interprète Henry (Gattlin Griffith), trop peu expressif pour bien montrer la complexité de son personnage.

Les défauts principaux de cette adaptation sont la construction de l’histoire d’amour entre Frank et Adele qui paraît trop rapide dans le film, alors que dans le livre les choses paraissent très naturelles et les enjeux de la relation mère-fils qui sont moins perceptibles dans le film.

Le test Bechdel:

Le film ne passe pas le test Bechdel, car les dialogues entre femmes nommées finissent toujours par tourner autour d’un personnage masculin.

En résumé, deux belles œuvres. Mais, à aucun moment, le film n’atteint la charge émotionnelle du livre, donc vous aurez compris que je recommande plutôt la version papier. 

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5 réflexions sur “« Long week-end » de Joyce Maynard et son adaptation cinématographique

  1. Dommage que le livre ne soit pas à la hauteur du livre, j’imagine très bien Kate Winslet dans le rôle d’Adèle.
    Je garde un très bon souvenir de ce roman et je suis contente que tu l’aies apprécié.

    As tu d’autres romans de cette auteur dans ta PAL ? On pourrait faire une lecture commune pour découvrir le reste de sa bibliographie.

    J’ai une petite question sur le test Bechdel, quand tu dis « les dialogues entre femmes nommées finissent toujours par tourner autour d’un personnage masculin’, les enfants sont également garçon sont également comptés dans les personnages masculins ?

    1. Mais pourquoi pas une lecture commune ? 😉 Dans la bibliographie de Joyce Maynard « Les filles de l’ouragan » a l’air intéressant.
      Concernant les enfants, c’est un peu l’inconnue du test bechdel, car comme ça n’a rien d’officiel, il n’y a pas de guide qui te dit exactement comment faire. Perso, je compte aussi les enfants masculins, après on pourrait argumenter pour ne pas le faire…

      1. Les filles de l’ouragan, c’est parfait pour moi. Je te laisse fixer la date mais mais pas avant deux semaine… Mon planning est complet 🙂

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