« L’homme qui rit », un film balafré

Chronique de «L’homme qui rit», un film dramatique français de 2012, adapté d’un roman philosophique de Victor Hugo, pour un résultat malheureusement peu convaincant.o homem que ri

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Par un jour de neige et de tempête, Ursus, un marchand ambulant de remèdes, recueille deux enfants: Gwynplaine, un garçon défiguré par une cicatrice formant un rictus et Déa, une fillette aveugle. Devenus adultes, Gwynplaine et Déa sont les têtes d’affiche d’un spectacle romantique monté par Ursus. Le succès de ce spectacle va attirer beaucoup d’attention sur Gwynplaine et l’éloigner des deux personnes qui l’aiment le plus au monde.

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Si j’ai été tentée par «L’homme qui rit», c’est pour sa tête d’affiche: Marc-André Grondin, un acteur québécois que j’avais adoré dans le film C.R.A.Z.Y. (il est possible que j’ai déjà parlé de ce film, mais vraiment regardez-le!). Un acteur qui d’ailleurs m’émerveille  toujours par sa capacité incroyable à masquer son accent québécois. Bon, arrêtons les anecdotes de dîner mondain et passons aux choses sérieuses.

Malheureusement, confus et disgracieux sont les deux adjectifs qui définissent le mieux ce film de Jean-Pierre Améris, un réalisateur pas débutant, mais peu connu. Confus, car «L’homme qui rit» est un gros méli-mélo de styles cinématographiques. Le film semble commencer comme un conte avec ces deux enfants sous la neige, puis il passe à une perspective plutôt réaliste avec ces faubourgs miséreux où se produisent des artistes ambulants. Puis, le film offre un bref moment de comédie et finit comme un drame romantique.homme-qui-rit_WEB

Disgracieux, car «L’homme qui rit» pâtit également d’une direction artistique ratée. La chose est particulièrement flagrante dans les scènes se passant dans le château de la famille Clancharlie, dont l’esthétique est absolument dégueulasse (oui, dégueulasse est bien le mot). Ce château gothique tendance kitsch, qu’on croirait décoré par Liberace, ressemble à une pâle copie des décors de Tim Burton. Les costumes sont tout aussi vilains. Et que dire de la scène finale désespérément niaise et déjà vu.

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A cela, on peut ajouter des acteurs absolument pas en forme ou mal dirigés. Marc-André Grondin, même si on sent une réelle volonté de donner corps à son personnage, n’est pas très convaincant dans son rôle et Gérard Depardieu fait du Gérard Depardieu (c’est quand la dernière fois que cet homme a vraiment joué la comédie ?). Seule la jeune fille qui incarne Déa (Christa Theret), fait qu’on y croit un peu.

Le test Bechdel

En plus de tout ce qui vient d’être dit, «L’homme qui rit» ne passe pas le test Bechdel, puisque la seule discussion entre deux femmes parle du personnage principal masculin.

En résumé, un film avec une réalisation approximative pour un résultat particulièrement vilain. Si l’histoire vous intéresse, l’oeuvre de Victor Hugo mérite probablement plus que vous vous y penchiez !

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3 réflexions sur “« L’homme qui rit », un film balafré

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