Une gourmandise / Muriel Barbéry

Muriel Barbéry n’en était pas à son coup d’essai quand elle nous emmenait au n°7 de la rue Grenelle dans «L’élégance du hérisson», la preuve avec «Une gourmandise».

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Il est le critique gastronomique le plus réputé et le plus craint au monde. Mais, il est également un beau salopard. A l’heure de sa mort imminente, il n’y a plus que sa femme, petite chose en adoration devant lui, et un de ces fils qu’il n’a pas réussi à traumatiser, pour veiller sur lui. Mais, même là, leur présence lui est indifférente. Lui, avant de mourir, ne souhaite qu’une chose: retrouver le goût, la saveur ultime, celle qui l’a le plus transporté dans sa vie de critique gastronomique.

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Ayant beaucoup apprécié la lecture du très médiatisé et très vendu «L’élégance du hérisson», j’ai entamé avec une mine réjouie «Une gourmandise», car comment résister à un livre qui parle d’un de mes sujets favoris: la nourriture.

Les amateurs de bonne chère ne pourront qu’apprécier ce roman court, mais exigent de Muriel Barbéry. La lecture de ce livre est effectivement exigeante notamment à cause des envolées lyriques que suscite chez ce critique de génie l’évocation de ces souvenirs gustatifs. Nous sommes ici face à une écriture précise, poétique, décrivant chaque met avec la justesse d’un maître-sushi quand il tranche un poisson. En bref, un livre qui vous met l’eau à la bouche sans vergogne pour le malheureux sandwich qui compose votre dîner.

Muriel Barbéry prend également le risque de présenter un personnage carrément antipathique, car l’homme est prétentieux, condescendant, misanthrope et n’apprécie les autres qu’à travers ce qu’ils peuvent lui apporter. Mais, l’on ne peut s’empêcher d’avoir envie de le suivre dans cette quête de la saveur ultime, en se demandant soi-même quel est le dernier goût que l’on aimerait avoir en bouche, le dernier plat que l’on aimerait manger, si l’on devait mourir demain.

Les lecteurs de «L’élégance du hérisson» sentiront une certaine familiarité avec l’environnement qui accueille «Une gourmandise». Effectivement, l’histoire du présent roman se situe dans le même immeuble de la rue Grenelle, avec la même concierge appelée Renée, héroïne du «hérisson».

En résumé, c’est un livre court et dense qui ravira les personnes qui se pâment en dégustant un excellent sushi et celles transportées par l’iode d’une huître. Par contre, si la nourriture vous ennuie, passez votre chemin, ça n’a aucun intérêt.

Muriel Barbery, «Une gourmandise», chez Gallimard et Folio, 2002.

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4 réflexions sur “Une gourmandise / Muriel Barbéry

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