« The Descendants », deuil et adultère sous les tropiques

«The Descendants», un film sorti en 2012 qui aborde de nombreux questionnements sur la famille et sur la descendance, comme son titre l’indique. D’une qualité indéniable, mais qui pêche par un manque de profondeur.19961614

2La vie de Matt King prend une tournure dramatique lorsque sa femme, gravement blessée dans un accident de bateau, se trouve entre la vie et la mort. Ce travailleur acharné, père plutôt absent, peine à gérer sa fillette de 10 ans et est déconcerté par son aînée de 17 ans. Mais les choses se compliquent encore quand Matt apprend que sa femme l’a trompé et qu’il doit gérer en parallèle la vente d’un domaine familial.

1«The Descendants» aurait pu partir du mauvais pied avec son intrigue digne d’un téléfilm sentimental allemand. Un peu plus et on nous présentait un pauvre futur veuf dans le pétrin, qui finit par reconquérir l’amour de ses filles et se marier avec l’infirmière.

The_descendants_stillTrêve de plaisanterie, le réalisateur Alexander Payne nous propose une comédie dramatique où (presque) rien ne se passe comme prévu, puisque le pauvre Matt découvre que sa femme ne s’en sortira pas, mais également qu’elle l’a trompé avec un agent immobilier. Il entame alors un voyage dans l’archipel d’Hawaï pour prévenir tous les amis de sa femme de son proche décès et pour rechercher l’homme avec qui sa femme a eu une aventure. Il embarque dans ses pérégrinations ses deux filles et Sid, l’ami un peu idiot de son aînée. Ce qui donne lieu à des scènes émouvantes, mais aussi comiques (principalement dues à Sid).

Le film a deux qualités principales. Premièrement, les deux actrices qui interprètent les filles de Matt King: Shailene Woodley, qui joue Alexandra, l’ainée en colère avec quelques problèmes d’addiction, et Amara Miller, dans le rôle de la petite sœur rebelle et impertinente.  Les deux adolescentes sont très justes dans leur interprétation et donnent toute son âme au film, n’en déplaise au grand George qui, pour une fois, maîtrise ses mimiques sourciliesques, mais qui n’est pas non plus totalement crédible dans ce rôle de loser.

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Finalement, l’autre grande qualité de ce film, c’est la représentation d’Hawaï qui s’éloigne des clichés habituels. Oui, il y a des gens qui vivent et travaillent sur Hawaï, même s’ils le font en chemise hawaïenne! Et, pour une fois, on ne nous sert pas les fameuses danseuses avec soutien-gorge en noix de coco. La terre d’Hawaï est d’ailleurs un symbole important dans le film d’Alexander Payne, car elle représente l’héritage légué par les ancêtres (héritage que la famille King peine à préserver).

Cependant, malgré de réelles qualités, le film est décevant et l’on en ressort avec un fort sentiment d’inachevé. Principalement parce qu’il aborde trop de thématiques de manière superficielle. Plusieurs sujets importants sont à peine effleurés, puis abandonnés au court de l’histoire. Par exemple, la situation délicate de Matt, qui oscille entre tristesse et colère envers sa femme mourante et infidèle. On peut également citer les problèmes d’addiction de l’aînée, qui disparaissent comme par magie, ou les relations difficiles de Matt avec sa belle-famille, qui auraient pu être un peu plus creusées.

«The Descendants» n’est pas un mauvais film, au contraire! Mais, vu le nombre de récompenses et de nominations, on pouvait s’attendre à beaucoup mieux. Je soupçonne, comme pour «Happiness Therapy», un très bon travail de lobby autour de ce film.

Le test Bechdel:

Le film, par contre, passe sans problème le test grâce aux discussions des deux filles de Matt.

En résumé, un film qui aurait pu être vraiment très bon, mais qui frustre le spectateur en survolant son sujet. 

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8 réflexions sur “« The Descendants », deuil et adultère sous les tropiques

    1. Je suis plus mitigée pour George de mon côté, après c’est peut-être lié à son image de « Monsieur Beau Gosse et Café Parfait » qui fait que l’on a de la peine à voir autre chose et que l’on est moins impartial…

    1. Moi, de mon côté, peut-être que j’en attendais trop et que c’est pour ça que ça m’a frustrée. Des fois, il vaudrait peut-être mieux aller voir les films très critiqués, ça permet d’être surpris en bien !

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