Les Journées de Soleure et « Mary Queen of Scots »

Ce samedi 25 janvier, direction la jolie ville de Soleure (Solothurn en version originale) pour passer une journée en compagnie du cinéma suisse et des artistes qui le font.screen568x568

Le festival

Chaque année la petite ville de Soleure accueille pendant une semaine tout le gratin du cinéma suisse et permet à Monsieur et Madame Tout-le-monde d’admirer la crème du travail des artistes nationaux dans tous les domaines de l’art cinématographique: longs-métrages, courts-métrages, films d’animation, documentaires et même clips musicaux. Le festival présente à la fois des œuvres accessibles et des films plus expérimentaux. J’ai choisi d’aller d’assister à une session de courts-métrages, un concours de films d’animation et un long-métrage.

Les courts-métrages

La session de courts-métrages fut un vrai plaisir et j’ai été plutôt sonnée par la qualité de ces petits films réalisés par des jeunes talents passionnés. Les acteurs étaient toujours très bons et les films n’ont jamais manqué de susciter l’émotion dans la salle. Mon coup de cœur personnel va à «Sortie de route», de Tristan Aymon et David Maye, avec deux jeunes acteurs incroyables et «Kod ćoška – An der Ecke», de Nikola Ilić et Corina Schwingruber Ilić, un court-métrage rythmé sur une épicerie de village en Serbie.

Côté courts-métrages animés, la sélection fut fort chatoyante. Parfois drôles, parfois touchants et avec des techniques très différentes. Mes préférés: «Chaman Bazar», de Zoltán Horváth, un dessin animé avec un aspect stickers, et «Vigia», de Marcel Barelli, un dessin animé hilarant avec, pour voix-off, un grand-père tessinois qui parle, en dialecte, des abeilles (ce film a d’ailleurs reçu le Prix du public).

«Mary, Queen of Scots»

fr.200x267Ayant un petit faible pour les films en costumes, j’ai choisi d’aller voir «Mary, Queen of Scots», du réalisateur suisse Thomas Imbach. L’oeuvre à la particularité d’avoir été principalement filmée en Suisse (à Romainmôtier, à Saint-Ursanne et au château de Chillon), avec quelques incursions en France (château d’Anet, dans la Loire). Pour restituer l’histoire, Mary Stuart (Marie 1re d’Ecosse) est la cousine d’Elisabeth 1re, fille d’Henry VIII et d’Anne Boleyn. Mary est considérée par les catholiques et les Ecossais comme la dernière descendante légitime du trône, car la 1re fille d’Henry VIII, Marie Tudor, est décédée et les catholiques ont toujours considéré comme nul le divorce d’Henry VIII avec sa première femme et donc illégitime son mariage avec Anne Boleyn et toutes leurs descendances. Mary Stuart est l’ancêtre de la famille royale actuellement sur le trône.

«Mary, Queen of Scots» nous montre la vie triste et tumultueuse de Mary Stuart en s’inspirant de la biographie écrite par Stefan Zweig. Celle-ci va vivre trois mariages calamiteux. Le premier avec François II, mort une année après son accession au trône de France; puis avec Lord Darnley (Henry Stuart), un fanatique catholique avec lequel elle aura son seul enfant; puis avec le Lord Grand-Amiral Bothwell, un aventurier casanova et manipulateur.

Premières constations, l’illusion géographique est bluffante. Il est difficile de se rendre compte que le film a été tourné en Suisse, à part si l’on connaît les châteaux (j’ai reconnu celui de Chillon assez rapidement). Ce film historique développe sa trame d’un point de vue relativement original et ne se conforme pas aux codes du genre. Le film est raconté en voix-off par Mary Stuart, qui s’adresse à sa cousine Elisabeth, avec laquelle elle partage admiration et rivalité puisque les deux femmes revendiquent la couronne. Le film est d’ailleurs hanté par Elisabeth 1re, même si elle n’est jamais présente physiquement.  Le film présente Mary Stuart comme une femme intelligente, désirant la paix entre les catholiques et les protestants, avec, cependant, une incapacité de décision qui la rend détestable des deux camps. Celle-ci va finir par tout perdre et se faire exécuter par sa cousine. Le film est une sorte de vase clos qui nous met au plus près des émotions et des réflexions de la reine. Les compositions musicales qui accompagnent le film sont également adéquates et originales. Mais, le point fort du film est sans aucun doute Camille Rutherford, qui incarne à la perfection la reine d’Ecosse. On trouve également un petit caméo surprenant du chanteur Stephan Eicher. 

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Cependant, le film n’est pas parfait et il lui manque un petit quelque chose pour vraiment intéresser d’autres personnes que les amateurs de films historiques. Un des défauts du film réside dans sa narration en vase clos. Effectivement, on perçoit difficilement le mécontentement du peuple écossais et ce qu’il se passe en dehors du château où vit Mary. Cela rend plus difficile la compréhension de l’histoire, car les complots semblent tomber du ciel et le film est assez inaccessible sans connaissances historiques préalables. Il est aussi facile de confondre les personnages, car ils se ressemblent beaucoup. On trouve également quelques défauts au niveau de la reconstitution historique. Par exemple, une fenêtre de château qui a l’air plus neuve que celle de mon appartement. Par contre, chose rare, le réalisateur respecte parfaitement les langues parlées par les personnages, ici l’anglais et le français s’alternent.   

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Le film n’arrive clairement pas au niveau de films, tel qu’«Elizabeth», mais on peut rester impressionné pas le résultat obtenu par Thomas Imbach avec un tout petit budget. Donc, c’est un film que je recommanderais principalement aux amoureux des films en costumes et qui ont quelques connaissances sur la période historique concernée (en même temps, si vous regardez les quatre saisons des «Tudors», vous êtes déjà bien préparé). Pour conclure, sachez que le film passe le test Bechdel haut la main. 

Mais, alors, on y va aux Journées de Soleure ?

Je conseille vivement à tous d’aller au festival de Soleure pour découvrir les futurs talents du cinéma national et également parce que cela permet, en plus, de flâner dans la très belle ville de Soleure, qui mérite le coup d’œil.

Je vais cependant émettre une petite réserve concernant les infrastructures du festival. Une bonne partie des films se regardent dans des salles aménagées exceptionnellement pour l’événement. Le problème: leur aménagement n’est pas toujours propice au confort. Pour «Mary, Queen of Scots», nous étions dans une salle polyvalente (la salle Landhaus), c’est-à-dire avec un sol non incliné et dans laquelle des chaises (peu confortables) avaient simplement été installées. Nous étions par chance relativement près de l’écran, mais j’avais devant moi une jeune fille, pas particulièrement grande, qui me cachait le bas du milieu de l’écran, pile à l’endroit où défilent les sous-titres (si le film avait été en allemand, j’aurais loupé beaucoup de dialogues…)! Donc, il serait bien que les salles soient mieux aménagées (comme la salle de la Reithalle qui, elle, au moins, dispose de gradins) pour que le spectateur puisse profiter plus des films et moins du torticolis.

Donc, si vous êtes tentés par l’expérience, les Journées de Soleure ce n’est pas fini ! Vous avez jusqu’au 30 janvier pour vous y rendre ! Et si vous n’avez pas le temps, les 50èmes journées auront lieu du 22 au 29 janvier 2015. 

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2 réflexions sur “Les Journées de Soleure et « Mary Queen of Scots »

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