La fin de l’innocence / Megan Abbott

Chronique d’un livre prenant et très dérangeant de la nouvelle reine du roman noir, Megan Abbott, une écrivaine capable de réconcilier les plus récalcitrants avec le genre policier.

findelinnocence

2Evie et Lizzie sont deux ados inséparables. Voisines depuis leur naissance, elles ont noué une relation fusionnelle, digne de deux sœurs jumelles. Mais, un jour, Evie disparaît. Les recherches de la police paraissent vaines. La famille de la jeune fille vit un tourment sans nom et Lizzie semble avoir perdu une partie d’elle-même. Mais Lizzie sait qu’Evie n’est pas morte, elle le sent au plus profond d’elle-même et va chercher dans sa mémoire tous les détails qui pourraient expliquer la disparition de sa meilleure amie.

1Je l’ai déjà évoqué, moi et les romans policiers, on a peu d’affinités en raison de leurs dénouements trop prévisibles et de leurs personnages caricaturaux. Mais, ces dernières années, quelques auteurs m’ont réconciliée avec le genre, notamment les écrivains scandinaves. Puis, j’ai décidé de tester le roman noir version Megan Abbott et ce fut le coup de cœur pour «Adieu Gloria». J’ai donc décidé de retenter l’aventure.

Ce roman contrairement à «Adieu Gloria», répond plus aux caractéristiques du policier que du roman noir, mais ce fut tout de même un très bon moment de lecture. «La fin de l’innocence» est écrit à la première personne. Contrairement aux policiers classiques, les forces de l’ordre ont un rôle très marginal, puisque tout est conté du point vue de Lizzie, qui mène l’«enquête» de son côté.

Ne comptant pas déflorer le suspense de l’histoire, je me contenterai de dire que Megan Abbott montre encore une fois son talent et son originalité. Dans ce roman, elle se permet d’aborder des thèmes très dérangeants comme le détournement de mineur et l’inceste, tout en les traitant de manière non conventionnelle et en s’abstenant d’émettre des jugements, ce qui pousse le lecteur à s’interroger sur sa propre morale. Les personnages féminins sont également très loin des clichés habituels. Les jeunes filles dépeintes dans «La fin de l’innocence» peuvent être des reines de beauté du lycée, tout en étant des tueuses en hockey sur gazon, prêtes à déboîter la mâchoire de toutes les adversaires qui oseraient se mettre en travers de leur chemin.

Le suspense est extrêmement bien maîtrisé. Va-t’on retrouver Evie ? Est-elle partie ? A-t-elle été enlevée ? Savait-elle ce qui allait lui arriver ? Les Verver sont-ils une famille ordinaire ? Et nombre d’autres questions auxquelles Megan Abbott va répondre au goutte-à-goutte, maintenant ainsi le lecteur dans un questionnement permanent.

En résumé, un roman court et légèrement dérangeant qui va vous coller aux doigts.

Megan Abbott, La fin de l’innocence (titre original: The End of Everything), Éditions JC Lattès, 2012, 350 pages. En poche chez Le Livre de Poche.

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