« Gravity », un film à sensations

«Gravity», le film dont vous n’avez pas fini d’entendre parler et moi, j’en rajoute une couche ! Alors, enfilez vos lunettes 3D, éteignez votre cerveau et envolez vers l’infini et au-delà, comme le dit si bien notre ami Buzz l’éclair.

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2L’équipe de la navette spatiale Explorer effectue des réparations sur le télescope Hubble quand ils sont informés par le centre spatial de l’arrivée imminente de débris fonçant droit sur eux. Tardant pour rentrer dans la navette, Ryan Stone (Sandra Bullock) et Matt Kowalsky (George Clooney) sont heurtés de plein fouet par le nuage de débris et sont projetés dans le vide spatial. Kowalsky finit par retrouver Stone grâce à son jetpack. Arrimés l’un à l’autre, ils rejoignent leur navette qu’ils trouvent extrêmement endommagée. Ils se rendent alors compte qu’ils sont les seuls survivants de la mission.

1La bande-annonce était une claque, le film est un coup de poing. Tout d’abord, visuellement, le film est incroyable et c’est un euphémisme. La technologie arrive à un tel point de développement que l’on a l’impression de voir des images filmées depuis l’espace, à la fois magnifiques et terrifiantes. Je dirais même que, s’il y a un film à voir au cinéma en 3D cette année, c’est bien celui-là, car l’impression de vide et d’apesanteur est extrêmement bien retranscrite.

La sonorisation du film est également parfaitement maîtrisée. Ce qui n’était pas gagné d’avance puisque l’espace est, par définition, totalement silencieux en l’absence de «matière» pour propager le son. Le réalisateur a donc choisi d’alterner entre silence et musiques inquiétantes qui prennent aux tripes.

Cette maîtrise du son et de l’image font de «Gravity», un film que l’on ressent. «Gravity», ça fait peur. Ça ne fait pas sursauter, mais ça diffuse dans votre corps une peur beaucoup plus viscérale: celle d’être complètement seul et perdu dans l’univers. Pendant le film,  j’ai parfois même oublié de respirer.

«Gravity», c’est un film à sensations et vous allez en prendre plein la tête.

MAIS, il y a un mais…

Box-office-US-du-20-octobre-Gravity-est-invincible-pas-comme-Carrie-Stallone-ou-Schwarzenegger_portrait_w532Le scénario est clairement le point faible du film. L’histoire semble tout même passablement invraisemblable et Ryan Stone, l’astronaute jouée par Sandra Bullock, accumule les problèmes de manière un peu caricaturale. D’accord, à aucun moment, le réalisateur, Alfonso Cuarón, ne revendique l’idée de faire un film réaliste. Cependant, la situation de Ryan Stone est déjà assez terrifiante, sans qu’on ait besoin de rajouter 36 couches de failles technologiques et de débris spatiaux. Ces séquences au dénouement exagéré, voire irréaliste, ont eu tendance à me faire sortir du film et réenclencher mon cerveau. Avec le risque inévitable de remarquer tous les défauts (d’ailleurs, vous trouverez sur le Net une foison d’articles qui commentent les invraisemblances scientifiques du film).

De plus, «Gravity» est un film qui reste un peu trop en surface. Le sujet aurait permis de nombreuses réflexions, sur la place de l’humain dans l’univers, par exemple. On y trouve un vague réflexion sur la renaissance illustrée par une scène très kitsch et très longue (au cas où vous êtes un peu lent à la détente…) de position fœtale. Au niveau des scènes what-the-fuckesque, on trouve aussi l’apparition d’une grenouille à la fin du film. Dans la salle, les gens étaient hilares… (Alfonso, c’était quoi cette grenouille ? T’as perdu un pari ou quoi ?).

Bref, vous l’aurez compris pour profiter de ce film, le cerveau doit être sur off.

Je me pose également la question de l’exploitation du film en Blu-Ray, car, selon moi, il n’est pas vraiment vendable sous cette forme. Effectivement, il est difficile de reproduire l’immersion que permettent les salles obscures et le film risque de paraître un peu banal sur votre écran de salon, même large.

Le test Bechdel:

Le test Bechdel est forcément raté ici avec deux personnages, respectivement un homme et une femme. Mais, le film n’est pas pour autant androcentré. Au contraire, pour une fois, il met au premier plan une astronaute femme et dans la salle tout le monde se met à la place de Ryan Stone. Qu’elle soit une femme n’empêche pas les spectateurs masculins de ressentir la même chose qu’elle. Merci à M. Cuarón d’avoir dépeint un personnage universel ET féminin.

En bref, «Gravity» c’est un très très bon divertissement, malgré son manque de profondeur et son côté too much.

Bande-annonce:

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9 réflexions sur “« Gravity », un film à sensations

  1. Comme toi, j’ai vraiment apprécié, malgré l’invraisemblance de certaines choses, et ce scénario tenant sur un mouchoir de poche. Et en effet, Sandra Bullock n’y est pas si mal.

  2. Je partage le même scepticisme sur les grosses ficelles de Cuaron et l’aspect très expérimental du film. Mais je suis plus critique que toi, comme l’atteste ma critique http://bit.ly/17BMjMQ : une simple « expérience » qui ne donnera effectivement rien en dehors de l’écran. La preuve d’un mauvais film ? Le débat est ouvert. Belle critique.

    1. C’est vrai que si l’on y réfléchit bien, en sortant de la salle de ciné, il ne reste RIEN du film. C’est un peu comme une montagne russe, ça te secoue, te fait peur, mais quand c’est fini tu passes à autre chose. En sortant de la séance, j’étais vraiment partagée, puis j’ai basculé pour le positif parce que j’avais passé un bon moment au cinéma et que je ne m’attendais pas à ce que le film m’apporte grand chose au niveau intellectuel…
      Sinon, merci pour le compliment, vu l’excellence de tes critiques, ça me fait très plaisir.

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