J’ai testé pour vous : la Marche des Salopes

Il était une fois une jeune fille qui, à défaut de jupette, avait mis un rouge à lèvre écarlate pour aller manifester avec plein de salopes dans les rues de Genève. Oui, oui, vous avez bien lu, des salopes.1_slutwalk-diapo_

«Ne nous dites pas comment nous comporter, dites-leur de ne pas violer», tel était le mot d’ordre ce samedi 12 octobre à Genève pour la 2ème Slutwalk suisse, aka la Marche des Salopes.

La Slutwalk, c’est quoi ?

Un rassemblement féministe international qui a débuté au Canada, après qu’un policier ait conseillé aux femmes de ne pas s’habiller comme des salopes si elles ne voulaient pas se faire agresser. Malgré cela, le dress code des Slutwalks est libre. Donc, les participants et participantes peuvent venir à poil, à plume, en résille ou en anorak pour dénoncer les violences sexuelles, la culpabilisation des personnes qui en sont victimes et le harcèlement de rue. Qui n’a jamais entendu: «T’as vu comment elle est fringuée ! Elle viendra pas se plaindre si elle se fait violer…» ? Cette phrase assassine évoque deux préjugés tenaces sur le viol:

Les viols, ça arrive dans les ruelles sombres à quatre heures du matin. 

FAUX !

Un viol, ça peut arriver n’importe où, n’importe quand et être commis par n’importe qui (on est d’accord, ce n’est pas très rassurant…). Tous les criminologues vous le diront, les individus les plus susceptibles de commettre un crime envers vous sont les personnes que vous connaissez et pas ce type un peu sale qui marche derrière vous et qui vous fait flipper de manière totalement injustifiée (c’est du vécu).

Un viol est la réponse à une pulsion sexuelle déclenchée par la victime.

FAUX, ARCHI-FAUX !

Le viol est toujours de la responsabilité de celui qui le commet. Si, dans la rue, on vous agresse pour vous voler votre montre, personne ne va pas vous dire: «C’est de ta faute, t’avais qu’à pas avoir de montre». Par ces affirmations simplistes, malheureusement, c’est ce que l’on dit aux victimes de viols: «Il ne fallait pas s’habiller comme ça», «Il ne fallait pas être dehors à cette heure-là», «Il ne fallait pas flirter avec lui», etc. Les hommes ne sont pas des gorilles et les pulsions sexuelles sont contrôlables. Les agresseurs sexuels sont, en général, tout à fait conscients de ce qu’ils font, car il y a chez eux une recherche de domination et d’humiliation à travers la violation de l’intimité d’autrui (oui, autrui car les hommes aussi peuvent se faire violer…). Le viol, c’est plus qu’une simple agression entre deux individus. C’est un crime qui correspond à notre société patriarcale dans laquelle les femmes sont censées être pures, passives et ne pas vouloir de sexualité pour être respectables. Alors, quand une femme semble s’aventurer hors de ces codes, ne s’habille pas de manière «humble», son viol devient tout à coup moins grave. Le viol, c’est la punition des femmes qui osent exister et sortir dans la tenue qui leur plaît, à l’heure qui leur chante. C’est aussi la punition des femmes mariées et des copines qui osent se refuser à leur compagnon.

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Inside Slutwalk

Cette Marche des Salopes de Genève a été une manifestation pacifiste et bien organisée (on a laissé passer les trams et collaboré avec la police). Mais également, une manifestation mixte (j’ai beaucoup aimé le jeune homme qui portait le panneau «Toutes des salopes»). Après une sympathique marche à travers les rues de Genève, la Slutwalk s’est arrêtée sur la place des Volontaires pour écouter les témoignages de victimes de harcèlement et de violences sexuelles, puis la Marche a remis les «Phallus d’or» de la culture du viol ! Une note d’humour, après beaucoup d’émotions.

En résumé, la Slutwalk de Genève a été un moment fun, engagé et touchant. Si vous êtes sensible à cette cause, n’hésitez pas à participer à l’édition 2014. Si vous êtes novice en féminisme, mais que vous en avez marre du harcèlement de rue, allez sur leur site Internet, tout est très bien expliqué ! 

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2 réflexions sur “J’ai testé pour vous : la Marche des Salopes

  1. J’aime beaucoup l’idée de cette marche. Je ne sais plus où j’ai lu que selon une étude, les victimes de harcèlement sexuel dans les entreprises n’étaient pas forcément les femmes qui s’habillaient de manière plus provocante ou sexy, ça n’avait aucun rapport. Ce serait bien que les gens intègrent ce genre de données…

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