Le dernier des Weynfeldt / Martin Suter

Martin Suter nous offre ici une plongée dans le monde feutré des marchands d’art et des ventes aux enchères, à travers une histoire de faussaire et d’extorsion.

weynfeldt

2Adrian Weynfeldt est expert en art suisse pour une prestigieuse maison de vente et le dernier descendant d’une riche famille zurichoise. Il vit de manière routinière entre sa gouvernante, sa secrétaire et ses amis qui n’hésitent pas à profiter de sa grande fortune. Un jour, il rencontre Lorena, une charmante rousse qui vole les robes de couturier qu’elle ne peut pas s’offrir. Adrian va rapidement s’enticher de la demoiselle et s’attirer toutes sortes d’ennuis, notamment à propos de la vente d’un tableau ultra coté du peintre Félix Vallotton: «La Salamandre».

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Martin Suter est un écrivain suisse d’expression allemande. Analyste critique et ironique de la «bonne société» zurichoise, ses écrits sont extrêmement populaires en Suisse et en Allemagne.

«Le dernier des Weynfeldt» est construit comme un polar où l’on aurait accès aux points de vue de tous les protagonistes principaux. Le suspens repose sur la vente et l’authenticité du tableau «La Salamandre», ainsi que sur la relation malsaine qui se noue entre Lorena et Adrian (restons vague, car si l’on dévoile trop de l’intrigue le roman perd de son intérêt).

Commençons par LE point positif du roman (qui est d’ailleurs une qualité systématique des romans de Martin Suter): le sens du détail. Effectivement, l’écrivain s’attache toujours à rendre le plus vraisemblable possible les univers qu’il décrit. Ici, c’est le monde des marchands d’art zurichois, un univers prestigieux et peu transparent. Indubitablement, on y croit quand Martin Suter nous raconte le quotidien d’Adrian Weynfeldt, entre ses tableaux de Ferdinand Hodler et ses costumes sur mesure.

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La Salamandre de Félix Vallotton

La galerie de personnages dépeinte par Martin Suter est également très intéressante: artiste-peintre faussaire, vieux riche au bord de la ruine, réalisateur raté, ancien mannequin avec des tendances cleptomanes, arnaqueur reconverti en vendeur d’habits chics, etc. Le tout forme un microcosme dans lequel il est plutôt captivant de se balader.

Cependant, je ressors un peu déçue de ce roman. L’histoire qui navigue entre manigances de faussaires et tentatives d’extorsion reste plutôt classique. De plus, la fin du roman tombe un peu dans le cliché: une pauvre petite arnaqueuse qui regrette et un richissime célibataire qui pardonne…(et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants). Décidément, ce roman manque de subtilité et de machiavélisme pour vraiment passionner. Pour le lecteur désirant découvrir Martin Suter, je déconseille de commencer pas «Le dernier des Weynfeldt».  Je recommande plutôt «La face cachée de la lune» ou «Small World».

En résumé, un roman qui permettra de passer un bon moment de lecture grâce à sa galerie de personnages, mais qui reste sans grande surprise.

Le dernier des Weynfeldt (titre original: Der letzte Weynfeldt), Martin Suter, Ed. Christian Bourgeois, 2008, 339 pages. Aussi en poche aux éditions Points.

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