« A Single Man » ou le deuil élégant et amidonné

Réalisé par le styliste Tom Ford, «A Single Man» (2009) porte bien la touche élégante de son créateur. Parfois, même un peu trop…affiche-a-single-man

2George Falconer est britannique et professeur dans une université américaine. Il vit dans le deuil et la douleur, depuis que son compagnon, Jim, est décédé dans un accident de voiture, 8 mois auparavant. N’en pouvant plus, il décide que cette journée sera la dernière. Mais, la vie ne va pas le laisser se suicider si facilement.

1Sis dans le Los Angeles des années 1960, «A Single Man» respire la classe et l’élégance propre à l’époque et à son créateur, Tom Ford. Il faut avouer que, quand j’ai appris que c’était un créateur de mode qui réalisait ce film, cela m’a laissé un peu dubitative sur la qualité de l’oeuvre. Son visionnage m’a donné plutôt tort.

Tout d’abord, l’interprétation de Colin Firth est magnétique et il difficile de détacher ses yeux de l’acteur. Son jeu est juste, subtil et touchant. D’ailleurs, le film mérite d’être regardé uniquement pour Mr. Firth et les autres acteurs font presque pâle figure à côté de lui.

Concernant le film en général, il est indéniablement beau.  La mise en scène est très travaillée, les lumières sont toujours magnifiques et les plans s’attardent sur le visage des acteurs pour capter chaque trait et chaque mimique. C’est un film où l’on prend son temps pour extraire le maximum de chaque scène.

Malheureusement, ce film a les défauts de ses qualités. A force de trop d’élégance, de trop de précision dans le moindre accessoire, «A Single Man» donne une impression d’artificiel qui crée une certaine distance avec le spectateur. S’ajoute à cela quelques scènes un peu kitsch, comme celle où une chouette s’envole quand George regarde par la fenêtre (d’un symbolisme aussi subtil qu’un poing dans la figure…).

still-2

Mais, le point le plus problématique reste cette vision du deuil un peu trop glamour que nous assène Tom Ford. Le deuil n’a rien de glamour. Surtout, quand c’est la personne qu’on aime le plus au monde qui meurt. Le deuil, c’est un abîme de noirceur, une douleur sans fond. Ce genre d’expérience réduit souvent les gens à néant pendant de longues périodes, alors le côté toujours propret de Colin Firth dans ce film est un peu incongru. Le seul moment où l’on perçoit réellement sa douleur est la scène fugace où il sonne à la porte de son amie Charley, après avoir appris la mort de Jim, ravagé, trempé par la pluie. Mais cette scène dure à peine quelques secondes. «A Single Man» aurait mérité un peu plus de scènes de ce genre pour remédier à cette froideur ambiante qui empêche le spectateur de pénétrer réellement dans le film .

Le test Bechdel:

Joyeusement raté. Mais, vu le titre du film, comment imaginer qu’il le réussisse ce fameux test ?

En résumé, un film très esthétique avec un Colin Firth magistral, mais qui forme un ensemble un peu froid.

La bande-annonce:

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s