La lecture numérique: test de la Kobo Touch et réflexions

Ayant reçu une liseuse, j’ai entrepris de partager avec vous un test de cette dernière, mais pas seulement. J’en ai également profité pour réfléchir et me renseigner sur la lecture numérique, en général.

KoboTouch-horizontal

Alors, si, comme moi, vous aimez la lecture et les nouvelles technologies, vous avez été forcément intrigués par l’arrivée sur le marché des liseuses électroniques depuis quelques années. Très hésitante, je ne sais pas si j’aurais moi-même fait le pas de l’achat d’une liseuse. Mais, il se trouve que la personne qui partage ma vie a eu l’adorable idée de m’offrir une Kobo Touch (Merci <3). Je vous offre donc l’avis d’une grande lectrice sur ladite liseuse.

Aspect:

La Kobo Touch fait 165 x 114 millimètres et est épaisse d’un centimètre seulement. Elle pèse moins de 200 grammes et a un écran de 6 pouces. Le dos de la liseuse a une apparence matelassée et un plastique doux qui facilite la prise en main de la Kobo car elle ne glisse pas des mains. En résumé, nickel ! Par contre, il sera nécessaire de lui acheter une fourre (un étui, en français moins helvète) pour protéger l’écran des rayures.

Prise en main et navigation:

Très simple. Un seul bouton central qui permet de revenir au menu principal et, pour le reste, il suffit de toucher l’écran. J’apprécie d’ailleurs particulièrement de devoir toucher l’écran pour tourner les pages car cela imite bien la lecture classique. La navigation est également assez rapide, même si elle n’est pas instantanée (un peu plus lent qu’une tablette numérique ou un smartphone). Pour ce qui est de la gestion des e-books, je conseille de télécharger le logiciel gratuit Calibre, qui permet également de convertir les e-books dans différents formats (j’en reparlerai plus loin). Ce logiciel est à la portée de tout le monde également.

Mémoire:

La Kobo Touch peut contenir jusqu’à 1000 livres dans sa seule mémoire interne. Sachant qu’un livre de poche de taille moyenne pèse environ 230 grammes, la Kobo Touch peut contenir 2,3 tonnes de livres !

Lisibilité:

Excellente ! Le but de cette liseuse est d’imiter la lecture classique. Vous ne pourrez donc pas lire dans le noir car il n’y a pas de rétro-éclairage (qui, si je ne m’abuse, est plutôt nocif pour les yeux). Je ne pensais pas dire cela, mais la lisibilité est presque meilleure que celle d’un livre papier (sacrilège !). Il est possible, par exemple, de lire en plein soleil sans être ébloui, car l’écran de la liseuse est mat et ne reflète rien. Il est également toujours lisible, même si vous n’êtes pas totalement en face de celui-ci. Un avantage non négligeable de la liseuse est aussi le réglage possible de la police et de la taille des caractères. Il est vraiment appréciable de ne pas s’esquinter les yeux sur des pages remplies de minuscules caractères (je suis déjà myope comme une taupe, donc mes yeux me disent merci…).

Durée de la batterie:

D’après la firme Kobo, avec le wifi désactivé, la Kobo Touch pourrait être utilisée un mois sans être rechargée. Je n’ai pas tester cette option. Mais, après une semaine d’utilisation avec wifi et en étant seulement mise en veille, j’ai entamé un peu plus de la moitié de la batterie. Donc, j’imagine que sans wifi et en l’éteignant réellement, elle peut effectivement durer trois semaines à un mois.

La lecture numérique en général

Prix des e-books:

Naïvement (ou pas), j’imaginais les e-books beaucoup moins chers que les livres papier. Grosse erreur. Par exemple, «Anges et Démons» de Dan Brown coûte 15,30 CHF en version papier de poche et 14 CHF en version numérique. Cependant, si, comme moi, vous aimez les classiques, vous pouvez obtenir gratuitement un très grand nombre de livres tombés dans le domaine public (les œuvres de Zola ou de Dickens par exemple). Vous pouvez également télécharger illégalement… Mais ça, c’est votre affaire.

Guerre des formats:

Les défauts que je vois dans la lecture numérique sont plus dus au marché des e-books qu’à la liseuse, qui, pour moi, est vraiment convaincante. Un livre papier est lisible partout, empruntable facilement, prêtable, échangeable, etc. Un fichier d’e-book ne l’est pas forcément. Il existe en effet plusieurs formats de fichier différents (.epub, .azw ou encore .pdf). Lorsqu’un livre est mis sur le marché dans sa version électronique, il n’est pas nécessairement disponible dans tous les formats. Le hic, certains de ses formats ne sont pas compatibles avec certaines liseuses. A l’image de la guéguerre entre Mac et PC, les fabricants de liseuses se livrent, eux aussi, à une bataille des formats. Alors que Kobo (heureusement pour moi) les lit tous, ce n’est pas le cas du Kindle d’Amazon, par exemple. Il faut également savoir que certains formats peuvent limiter les possibilités d’une liseuse (impossibilité de changer la taille de police avec un fichier .pdf, par exemple). Heureusement, pour pallier ces problèmes de compatibilité, il existe des logiciels permettant la conversion de format.

La gestion numérique des droits:

Autre problème: les DRM (digital rights management). Ces derniers sont des dispositifs permettant de restreindre la liberté d’utilisation d’œuvres sur support numérique (DVD, Blu-Ray, e-books, etc.). Le zonage des DVD (zone 1 / zone 2) est par exemple un DRM. Les e-books sont aussi victimes de ces dispositifs. Le meilleur exemple: les e-books de chez Amazon qui ne sont lisibles que sur une liseuse Kindle. Ce qui veut dire que si vous êtes insatisfait de votre Kindle et désirez changer de marque, vous devrez soit tout racheter, soit passer par un convertisseur de format, ce qui viole les conditions d’utilisation d’Amazon.

Un contenu qui vous est prêté:

Imaginez qu’un jour on sonne à votre porte et que l’on vous demande de rendre trois livres de votre bibliothèque car la maison d’éditions n’a plus les droits de diffusion de ces livres. Inimaginable, non ? Avec les e-books, c’est possible. Sauf que l’on ne sonnera pas à votre porte, mais que vous verrez des fichiers disparaître de votre bibliothèque. Effectivement, quand vous achetez un e-book sur Amazon, vous n’achetez pas le livre, mais un droit de lecture sur ce livre. Pire encore, les e-books pourraient être modifiés alors qu’ils sont déjà dans votre bibliothèque. Les optimistes penseront que cela permet, par exemple, de corriger des coquilles de traduction résiduelles. Moi, je trouve cela inquiétant car j’y vois une possibilité de censurer un livre, alors qu’il est déjà dans votre «possession». Si l’on ajoute à cela, qu’à travers vos comptes respectifs chez les fournisseurs de e-books, on peut absolument connaître toutes vos lectures…Big Brother is watching you ! Pour plus d’informations à ce sujet, lisez cet article de Rue 89.

Au-delà de ces problèmes, reste la question de la durabilité des livres électroniques. Les e-books d’aujourd’hui seront-ils toujours lisibles dans 10 ou 20 ans ? Vu l’obsolescence ultra-rapide, de nos jours, de la technologie, j’ai quelques doutes.

En résumé, la liseuse est vraiment une très bonne invention pour les lecteurs nomades ou les grands lecteurs de classiques, notamment avec un appareil comme ma Kobo Touch. Par contre, il ne faut pas imaginer faire des économies en achetant des e-books. De plus, il est vital que les livres papiers ne cessent pas d’exister, sous peine d’une restriction de la liberté de pensée…

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10 réflexions sur “La lecture numérique: test de la Kobo Touch et réflexions

  1. C’est vrai que j’étais aussi surprise de voir que les prix des ebooks n’étaient pas énormément moins chers par rapport aux livres papiers!
    Je pense que moi non plus je ne serais pas passée à la lecture numérique si on ne m’avait pas offert une liseuse ^^

  2. Merci pour ton article, je m’interroge en ce moment sur le fait d’acheter une liseuse (enfin c’est surtout mon chéri car il trouve qu’on a trop de livres à la maison) et j’ai beaucoup de mal à franchir le pas

  3. J’ai acheté la liseuse en 2012, la dernière mise à jour à planter mon système. J’ai essayé tous les moyens possibles et imaginables pour essayer de faire une remise à zéro sur le kobo (y compris la mise à zéro usine). Rien ne marche. J’ai bien entendu contacté le service client qui n’a pas daigné de me répondre. Donc mauvais OS, mauvais service client à fuir.

    1. Même experience, plante presqu’à chaque tourne de page, très legere amélioration depuis la mise a jour logicielle, mais plante encore souvent.

  4. J’ai une liseuse Kindle depuis plusieurs années. J’utilise systématiquement Calibre pour convertir au format epub et stocker localement sur mon ordi tous les livres que j’achète, je ne veux justement pas qu’on puisse les effacer à volonté.
    Un autre problème est que les éditeurs n’ont pas encore compris que la dématérialisation anéantissait les frontières. Exemple : j’ai voulu acheter un ebook en italien, impossible, sa distribution était restreinte au territoire de l’Italie. Or les italophones, ou les italophiles, ne résident pas tous en Italie ! Pour finir, j’ai pu l’acheter, au prix d’une manip d’adresse dont je passerai les détails, mais vraiment, c’est ridicule !

    1. C’est vrai que cette histoire de frontière est assez ridicule. J’imagine un douanier me dire: « Non, Madame ce livre ne passe pas la frontière! » Surtout que je fais aussi partie des gens qui achètent pas mal de livres à l’étranger.

  5. Comme Gourmette, j’ai une kindle et rétro éclairée, avec une luminosité qui peut changer. Elle lit beaucoup de formats, dont le PDF. L’utilisation de Calibre est pratique, et j’emmène avec moi plus de 40 livres pour l’été, ce qui allège considérablement ma valise. Surtout, je suis une lectrice qui dévore tout ce qui passe entre ses mains, BD, revues, journaux, romans tombés dans le domaine public, et pour moi le ebook c’est ça, pouvoir tout lire de Balzac ou de Asimov. Qui plus est c’est léger, maniable, non agressif. Je n’ai pas exclu les livres papiers, mais ça ne me dérange pas de changer de support.

  6. J’ai reçu une liseuse kobo touch à mes 18 ans le 7 décembre 2013, elle a fini par planter complètement 6 mois plus tard, début juillet 2014. Elle avait déjà bague de nombreuses fois, mais cette fois elle était inutilisable. Et bien sûr je ni pas pu la faire échanger même si elle était toujours sous garantie, car on s’est fait cambrioler pendant nos vacances, et ma kobo était bien en évidence sur la table ; ces mecs visiblement trop stupides ont du penser que c’était une tablette. Donc j’ai réfléchit à ce que je choisirais parla suite, et j’avais entendu dire qu’il était possible de lire sur une tablette avec un logiciel. Utilisant fbreader sur mon pc portable, j’ai opté pour la tablette Samsung galaxy tab 4 noire, sur laquelle j’ai installé mon logiciel préfère pour lire les epub. Car qui dit tablette dit plus grande durée de vie qu’une liseuse. J’ai néanmoins adore lire sur ma kobo touch ; sa perte ma cause un grand vide’ étant une lectrice accro à la lecture.

    1. C’est dommage ce qui est arrivé à ta Kobo! Moi, je l’ai depuis 2 ans et elle n’a jamais eu de problèmes, espérons que ça dure. Mais lire sur une tablette ça peut être une bonne solution de secours.

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