« Happiness Therapy », petit scénario, gros lobby

Plus que le travail des acteurs, «Happiness Therapy» met en valeur le travail des lobbyistes cachés derrière les films, d’où la déception ressentie pour ce film nommé plusieurs fois aux Oscars.
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Après huit mois, Pat sort enfin de l’hôpital psychiatrique où il était interné pour troubles bipolaires. Il tente alors de remettre sa vie sur les rails: il fait du sport, suit son traitement et se met en tête de reconquérir sa femme coûte que coûte. Au même moment, il rencontre Tiffany, une jeune veuve intrigante. Pat et Tiffany font alors un pacte pour s’aider l’un l’autre à reprendre pied dans la vie.

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«Happiness Therapy» de David O. Russell est la preuve vivante que les nominations aux Oscars dépendent parfois plus du lobbying efficace de certains, que de la qualité du film. Oui, Jennifer Lawrence et Bradley Cooper jouent très bien leur rôle. Alors, une nomination pour meilleur acteur/meilleure actrice, pourquoi pas… Mais une nomination pour meilleur film, sérieusement ?

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Durant les premières minutes, le film titille clairement la curiosité du spectateur. Les acteurs sont bons (Robert De Niro est excellent en parieur sportif toqué et ultrasuperstitieux) et la pellicule semble bien loin des grosses comédies romantiques, car, avec ses très longs dialogues et sa caméra qui a la bougeotte, on est assez proche des codes du cinéma indépendant.

Mais cette impression s’avère trompeuse dès la deuxième moitié du film. Non, ce n’est pas un film indépendant, mais bien une comédie romantique made in Hollywood. L’histoire est rapidement cousue de fils blancs, les répliques piquantes du début disparaissent et l’on commence à s’ennuyer, Bref, d’un bonbon acidulé, on passe à un marshmallow tout mou.

Ce film a valu, en février 2013, l’Oscar de la meilleure actrice à Jennifer Lawrence. Une récompense plutôt surprenante pour un rôle peu marquant, endossé par une talentueuse actrice qui a bien plus à montrer que cela.

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Pour en rajouter une couche, voilà encore un film victime du syndrome de la traduction «anglais-anglais pour les nuls». On ne compte plus le nombre de films dont le titre anglais est retraduit dans un anglais ultrabasique, pour être accessible à tous, tout en gardant le côté hype de la langue de Shakespeare. Il est clair que le titre original «Silver Linings Playbook» est assez abstrait pour nombre de francophones. Mais le principe de la traduction n’est-il pas d’aller d’une langue à une autre ? Donc, soit on traduit pour atteindre un public le plus large possible et on appelle ce film «Le bon côté des choses», comme au Québec, soit on arrête de prendre les gens pour des idiots et on laisse les titres originaux.

Le test Bechdel: 

Le film passe le test Bechdel, grâce aux conversations houleuses de Tiffany et de sa sœur Veronica.

En résumé,  ce film est une comédie romantique positive et sympathique, mais totalement surévaluée.

La bande-annonce:

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8 réflexions sur “« Happiness Therapy », petit scénario, gros lobby

  1. Ce film est dans ma wish depuis que j’ai découvert sa bande annonce peu avant sa sortie au cinéma. Je n’avais lu que de très bonnes critiques et tu es la première à critiquer ce film ! Mais du coup ta chronique pas très élogieuse me donne envie de voir ce film pour en tirer mes propres conclusions 🙂

    1. Teste-le et n’hésite pas à donner ton avis , ça m’intéresse ! Le problème, c’est qu’avec toutes ces nominations, je m’attendais à quelque chose de vraiment bien et en fait, c’est un peu un « pétard mouillé »…

  2. Je suis assez d’accord, au final. J’en avais parlé sur mon blog, et je ne sais plus trop ce qui était ressorti de ma critique. Mais je sais que j’avais aussi pensé au lobbying. Ca me rappelle d’ailleurs un article que j’avais lu à propos du film The Artist, totalement poussé vers les Oscar par son producteur américain. Je t’avoue que ça avait un peu chamboulé ma vision des choses, naïve que j’étais !
    Là c’est pareil pour l’oscar de Jennifer Lawrence. Je l’ai bien aimée dans le film, mais de là à avoir une récompense de ce genre…

    1. J’ai aussi lu ces fameux articles sur « The Artist » et son producteur influent…et moi aussi j’ai perdu mon innoncence…Depuis, je ne regarde plus les récompenses de la même façon…

      1. Oui maintenant quand je vois les frères weinstein producteurs d’un film nominé aux oscars je me méfie. Rien de naturel. Lobbying à 100% !

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