« La merditude des choses » en livre et en film

Rien de mieux qu’un titre provocant pour attirer le lecteur. Voilà, pourquoi j’ai embarqué «La merditude des choses» dans mon sac. Une très belle surprise littéraire qui m’a permis de découvrir également son adaptation cinématographique flamande.

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2Dimitri, 13 ans, vit à Reetveerdegem avec son père Pie; ses oncles; Herman, Zwarren et Poutrel et sa grand-mère. Toute cette joyeuse bande vit de la pension de la grand-mère, car l’argent gagné durant les rares fois où Pie travaille est intégralement dépensé dans d’immenses beuveries. La famille Verhulst, loin d’être exemplaire, coule, malgré tout, des jours tranquilles, jusqu’à ce qu’une assistante sociale frappe à la porte pour s’enquérir des conditions de vie de Dimitri…

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Le livre:

Attirée par son titre provoquant, j’ai jeté mon dévolu sur «La merditude des choses». M’attendant à une lecture légère, j’ai été surprise de découvrir un livre au ton très ironique, mais avec une vraie réflexion, inspirée très largement de la vie de l’écrivain, Dimitri Verhulst. L’auteur raconte l’histoire d’une enfance plutôt marginale, à travers le regard de celui qui s’en est sorti. Malgré les situations difficiles que le narrateur a vécues, pas de haine, pas d’apitoiement. Il porte un regard nostalgique, affectueux et franchement drôle sur sa famille. De plus, il nous livre un réel questionnement sur l’hérédité sociale: Vais-je devenir comme mes parents ? Aurais-je la même classe sociale ? Est-ce que je peux m’en sortir ? Dimitri va s’en sortir, même s’il va commette des erreurs similaires à celles de ses parents, comme mettre une fille enceinte, alors qu’il ne veut pas d’enfant. La scène de l’attente à l’hôpital est d’ailleurs déconseillée, si vous n’êtes pas sensibles à l’humour noir, car il souhaite toutes sortes d’horreurs à ce bébé et non, il ne tombe pas sous son charme quand il le voit.

Le film:

«La merditude des choses» est réalisé par Felix Van Groeningen (2008). C’est un film indépendant flamand, de facture plutôt classique, mais très agréable à regarder. Il suit de manière assez fidèle le livre de Dimitri Verhulst, même si les noms des protagonistes ont été modifiés et qu’il a été rajouté quelques éléments pour rendre l’histoire un peu plus dramatique (le père est parfois violent, alors qu’il ne l’est quasiment pas dans le livre). L’ivresse des protagonistes est, comme on pouvait l’attendre, un gros ressort comique. C’est un film à la fois drôle et émouvant, même si, au fond, il décrit une réalité sociale dramatique (pauvreté financière et culturelle, alcoolisme, etc.). Par contre, je regrette qu’à la fin du film, on ait rendu Gunther (le personnage qui incarne Dimitri) plus proche de son fils qu’il ne l’est dans le livre, histoire de faire un happy end, probablement. Concernant le test Bechdel, «La merditude des choses» ne le passe clairement pas, car il y a très peu de personnages féminins et elles n’ont jamais de réelles conversations entre elles.

En résumé, si j’avais à choisir entre le livre et le film, mon choix se porterait plutôt sur le livre, car son ton est plus mordant et la réflexion plus profonde. Cependant, le film est plutôt chouette et, en plus, on n’a pas souvent l’occasion de voir un film flamand.

La merditude des choses (Titre original: De helaasheid der dingen), Dimitri Verhulst, Éditions 10/18, 2013, 215 pages. 

La bande-annonce:

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