La clé de l’abîme / José Carlos Somoza

Découverte de José Carlos Somoza, un écrivain très populaire sur la Toile. Au final, un bon roman, mais un peu hermétique pour les non-initiés aux classiques de la science-fiction.

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2Dans un futur très lointain, Daniel Kean, un humain de conception comme les autres, se rend à son travail dans le Grand Train. Avant d’arriver dans le compartiment dont il a la responsabilité, il est abordé par un homme qui lui demande de s’asseoir. Il s’exécute et se rend compte que l’inconnu est équipé d’une bombe. L’inconnu explique à Daniel qu’il aura la vie sauve s’il se contente d’écouter ce qu’il a à lui raconter. Commence pour Daniel une aventure terrifiante et meurtrière. Trimbalé, manipulé, poursuivi et mais aussi protégé par deux groupes qui cherchent la «clé de l’abîme», l’un pour la détruire, l’autre pour la rendre accessible au monde entier et révéler tous ses secrets.

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La lecture de «La clé de l’abîme» a connu des haut et des bas. Situé dans un univers futuriste, qui hésite entre le fantastique et la science-fiction, le lecteur manque un peu de repères sur l’univers du livre. En poursuivant la lecture, on comprend que cet univers est très lointain, peut-être à un millénaire du nôtre. C’est un monde où les humains sont quasiment tous «de conception», c’est-à-dire qu’ils naissent en laboratoire et qu’ils ont été améliorés (besoin de boire et de manger réduits, résistance, physique plutôt androgyne, pas de différenciation des organes sexuels). Le monde décrit par José Carlos Somoza est sombre et très superstitieux. Superstitions qui proviennent d’une religion très élaborée dont les récits inspirent la crainte aux croyants.

Malgré son étiquette de polar fantastique, le roman de Somoza a également un aspect philosophique car la révélation de la clé de l’abîme détruirait Dieu et la crainte qu’il inspire. Le livre soulève alors des questionnements, tels que la nécessité de l’existence de la religion, l’existence d’une entité supérieure, la réalité des écrits bibliques, etc., tout en étant teinté d’une pointe de féminisme. En résumé, une critique non-voilée de la confiance aveugle des croyants d’hier et d’aujourd’hui sur leur livre sacré.

Cependant, il est assez difficile de rentrer dans le roman. C’est probablement dû à l’univers assez complexe qui sert de toile de fond et pour lequel il me semblait que je manquais de références. Effectivement, tout le roman s’inspire de l’oeuvre de Howard Phillips Lovecraft, sans jamais en citer le nom avant la dernière page du livre. Référence que je n’ai soupçonnée à aucun moment puisque je ne connais Lovecraft que de nom.

Mon avis sur «La clé de l’abîme» est un peu mitigé. Le point fort de ce livre est l’univers très riche et complexe. Mais, au final, comme il est totalement inspiré d’une autre oeuvre, cela rend la chose beaucoup moins originale. De plus, certaines scènes du livre sont un peu abracadabrantes. Effectivement, nos héros, pour la plupart des «humains de conception», se baladent souvent tout nus, car ils ne craignent pas le froid et la société dans laquelle ils vivent ne réprouve pas la nudité. Mais de là à faire des scènes où les gens fuient ou se battent nus, c’est un peu ridicule. En plus, c’est quoi cette manie de porter parfois des leggins bariolés ?

En résumé, cela reste un bon polar fantastique, avec une forte dose de suspense et d’aventure, mais pour quelqu’un qui ne connait pas Lovecraft, la lecture demande quelques efforts. Sympa, mais peut mieux faire.

José Carlos Somoza, La clé de l’abîme (titre original: La llave del abismo), Actes Sud, 2009, 380 pages.

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3 réflexions sur “La clé de l’abîme / José Carlos Somoza

    1. C’est clair que Lovecraft est un classique de la science fiction. Mais, j’hésite à le lire car ses écrits sont apparemment souvent emprunts de racisme, ce qui m’embête un peu. Sinon pour le livre de Somoza, je l’ai simplement trouvé à la bibliothèque municipale.

  1. J’aime beaucoup les quelques livres de cet auteur que j’ai lu, notamment L’appât qui avait été un vrai coup de cœur, mais aussi Clara et le pénombre! Ou encore La théorie des cordes. C’est vrai que l’univers de Jose Carlos Somoza est sombre et souvent complexe dans une réalité que nous ne connaissons pas. Il faut réussir à y entrer, je retenterais bien l’expérience avec d’autres de ses livres, pourquoi pas La clé de l’abîme 🙂

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