« Girls », 4 filles à New York, mais sans Manolo Blahnik

Critique de l’excellente «Girls», dernier petit bijou de HBO. À savourer comme un bonbon acide qui pique.

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La série «Sex and the City» compte toujours de très nombreux fans. C’était drôle, frais et irrévérencieux. Surtout, la chaîne HBO offrait une série avec des personnages féminins qui en imposaient, qui au lieu de se crêper le chignon (comme la société pousse les femmes à le faire), plaçaient toujours leur amitié au-dessus de tout, au final. Malheureusement, «Sex and the City», c’est aussi une vision bisounours de New York et une ode à la consommation (Quoi ? T’as pas des Jimmy Choo dans ton armoire !). Difficile de comprendre comment beaucoup de fans féminines s’amusaient à s’identifier à une Carrie ou à une Samantha. Avec une collection de fringues qui permettrait d’éponger la dette des pays du Tiers-Monde, une entrée dans toutes les fêtes à la mode et une liste de partenaires sexuels qui fait deux fois le tour de Central Park, je ne pense pas que Carrie, Miranda, Charlotte et Samantha soient des femmes comme vous et moi.

Mais il est possible qu’HBO nous présente cette fois une série qui permette une réelle identification aux personnages: «Girls».

13girls-cap-articleLargeLa série «Girls», c’est l’histoire de quatre filles dans la vingtaine résidant à New York. Au fil des saisons, on suit l’évolution sociale, sentimentale et sexuelle d’Hannah, Marnie, Jessa et Shoshanna. Pour l’instant, rien de très original. Seulement, les 4 filles de «Girls» sont parfois fauchées, souvent paumées. Leur histoires d’amours sont complexes, leur plans-cul pas toujours recommandables. Hannah, Marnie, Jessa et Shosh donnent l’impression qu’elles pourraient être vos voisines. Elles ont un physique et une vie de girl next door. D’accord, l’actrice qui joue Marnie est quand même sublime. Mais ici, on ne cherche pas à masquer les bourrelets et les défauts. L’actrice qui incarne Hannah Horvath (la très talentueuse Lena Dunham qui réalise et scénarise aussi la série) expose d’ailleurs sans problème son corps imparfait (selon les critères d’Hollywood). La nudité d’Hannah, c’est la nudité de tous les jours, la même nudité que vous voyez quand vous sortez de votre douche, sans fard, sans volonté de mise en scène. Des petits seins, des grosses fesses, so what ?

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Comme son nom ne l’indique pas, dans « Girls » il y a des hommes aussi.

Cette série, en plus d’être drôle, est terriblement reposante. En la regardant, vous ne vous sentez pas attaqué sur votre physique. Vous vous dites que votre vie, aussi banale soit-elle, est digne d’intérêt. En résumé, «Girls» est une série qui fout la paix aux femmes et les laisse expérimenter, réussir, rater, recommencer. Et pour ça, je dis MERCI !

On peut ajouter que ce côté déculpabilisant marche aussi pour les hommes. Pas de bombes atomiques bodybuildées dans les acteurs de la série, juste des types normaux, ce qui les rend d’autant plus charmants.

Cependant, on peut reprocher à la série la brièveté des épisodes et des saisons. 30 minutes par épisodes, 10 épisodes par saison, autant dire qu’il n’y a pas grand chose à se mettre sous la dent. La série a été également au centre d’une polémique sur le manque de diversité des personnages de «Girls». Effectivement, les personnages représentés sont essentiellement des WASP, à part pour quelques exceptions. Le manque de diversité culturelle est d’ailleurs un problème ultra-récurrent de nombreuses séries américaines. Pensez à Sex and the City, Friends, Gilmore Girls, etc.

Malgré ces quelques bémols, je ne peux que vous conseiller de regarder quelques épisodes, voire de tomber sous le charme d’Hannah et de ses amies, des looseuses comme vous et moi. Deux saisons disponibles pour l’instant, une troisième en production.

En résumé, une série drôle, cynique et touchante avec des protagonistes sympathiques et horripilants à la fois. Par dessus tout, une ode à l’amitié féminine et un incroyable coup de coeur.

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2 réflexions sur “« Girls », 4 filles à New York, mais sans Manolo Blahnik

  1. Je trouve cette série pas forcément passionnante dans le sens premier du terme, mais de voir une série qui pourrait presque être un documentaire – reportage sur une certaine jeunesse d’aujourd’hui, avec les côtés trash et moins trash absolument pas niés, c’est vraiment agréable et ça fait du bien au moral ! Et au final la série traite quand même de sujets qui nous touchent toutes à un degré ou à un autre, on se sent franchement moins seule 🙂

    1. C’est clair que c’est pas le genre de série où tu attends le prochain rebondissement incroyable, etc. Moi, en tout cas, je suis ultra conquise et ça m’arrive pas si souvent !

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