« Wadjda », une fillette, une bicyclette et des intégristes

«Wadjda» de Haifaa Al-Mansour, un petit film miracle issu d’un pays sans cinéma et réalisé par une femme, dans un no man’s land des droits féminins. À voir absolument!

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«Wadjda», c’est l’histoire d’une fillette qui rêve de s’offrir un magnifique vélo vert avec pleins de rubans sur le guidon pour faire la course avec son ami Abdallah. Le souci, c’est que Wadjda habite dans la banlieue de Riyad, en Arabie Saoudite. Et en Arabie Saoudite, une fille ne fait pas de vélo. La fillette va alors redoubler d’efforts et de malice pour pouvoir se payer cette fameuse bicyclette, car Wadjda a beau vivre dans un pays qui lui interdit presque tout, elle n’est pas prête à renoncer à ses Converse et sa musique.

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«Wadjda», c’est le film de toutes les premières fois: premier film entièrement tourné en Arabie saoudite, avec des acteurs saoudiens et réalisé par une Saoudienne, Haifaa Al-Mansour. Pour un premier film, il est tout simplement remarquable. Bien sûr, rien de très innovant cinématographiquement, mais un film très équilibré et loin de l’image caricaturale que l’on peut avoir du pays.

En premier lieu, le film est très bien servi par la jeune actrice qui interprète Wadjda, Waad Mohammed, dont le regard tantôt grave, tantôt espiègle, vaut mille paroles. «Wadjda» nous plonge dans le quotidien d’une famille saoudienne de la classe moyenne, qui vit entre traditions et consumérisme.

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Comme évoqué plus haut, la plus grande qualité du film est de ne pas être caricaturale. Les hommes ne sont pas tous d’infâmes barbares qui battent leur(s) femme(s) et les femmes n’endossent pas seulement le rôle de victime. Dans «Wadjda», la réalisatrice s’évertue à montrer comment la société saoudienne oppresse tous ceux qui y vivent. Le père de Wadjda n’est pas un mauvais bougre, mais la société dans laquelle il vit en fait un égocentrique sans coeur. Il ne bat pas son épouse et la trouve magnifique, mais va en épouser une deuxième car elle ne peux plus avoir d’enfants et lui donner un garçon. Il aime sa fille, mais ne l’aimera jamais inconditionnellement, car c’est une fille, justement.

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Le film permet également de constater que beaucoup de Saoudiennes, totalement embrigadées dans ce système oppressant, au lieu de s’entraider pour échapper à la surveillance omniprésente, participent à cette Gestapo de la moralité, parfois encore plus que les hommes.

Le test Bechdel:

Concernant le test Bechdel, rien à dire, ça passe à 100%.

En résumé, un superbe film pour découvrir l’Arabie saoudite de l’intérieur et une jolie fable sur une fillette qui tente de triompher de toutes les épreuves pour s’offrir un petit bout de liberté.

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