« Eva », un film presque de chez nous

Eva, «petit» film de science-fiction espagnol, nous emmène dans un futur proche où les androïdes côtoient les humains. Une oeuvre émouvante avec des paysages enneigés de l’arc jurassien suisse!

eva-affiche

2

Dans un futur proche, un chercheur est employé par son ancienne université, afin de travailler sur un projet de robot-enfant ultra ressemblant et perfectionné. Pour cela, le scientifique cherche un enfant spécial pour lui servir de modèle. Il rencontre alors la fantasque Eva, 10 ans, la fille de ses deux amis d’université. Mais, rapidement, il se rendra compte qu’il commet une erreur en la prenant comme modèle.Voici, en quelques lignes, le pitch du film. Je n’en dirai pas plus, pas de spoilers ici !

1

Ce film à la particularité d’avoir été en partie tourné en Suisse, à La Chaux-de-Fonds et dans la région de la Brévine. Le réalisateur Kike Maíllo désirait donner un côté «exotique» à son film. Les habitants du coin reconnaîtront l’aéroport des Éplatures, la place de l’Hôtel-de-Ville, ainsi que l’urbanisme typiquement chaux-de-fonnier, inscrit depuis 2009 au Patrimoine mondial de l’Unesco.

Mais, passons donc à la critique. Tout d’abord, le générique est très esthétique avec ses effets spéciaux qui font penser à du verre ou du sucre en fusion. Ces effets spéciaux qui représentent les processeurs des robots, en version agrandie, sont également présents tout au long du film. Le réalisateur a très bien choisi ses effets spéciaux. C’est joli, c’est simple, en conformité avec le budget du film. D’ailleurs, le film a reçu le Goya des meilleurs effets spéciaux.

279520_235780586454270_226162934082702_780078_1199862_oDans le rôle-titre, Claudia Vega, une incroyable gamine de 12 ans, ultra-charismatique. Pour lui donner la réplique, Daniel Brühl, le Frederick Zoller d’ «Inglourious Basterds» et l’Alexander Kerner de «Goodbye Lenin», qui, pour une fois, ne joue pas les Allemands de service (bien que de nationalité allemande, Daniel Brühl est né à Barcelone et parle parfaitement espagnol).

Concernant l’univers du film, le fait d’être confronté à une représentation futuriste qui reste réaliste (pas de voitures qui volent, etc.) est appréciable. On peut très facilement imaginer que le monde représenté pourrait exister dans 50 à 100 ans. Ça change des films de science-fiction où l’on en fait parfois trop.

Eva-photo-Claudia-Vega-Kike-Maillo-Marta-Etura

Bon, on ne va tout de même pas lui faire que des éloges à ce film. Passons au problème majeur du film (mais qui heureusement est remédiable) : le doublage francophone. La V.F. n’est vraiment pas à la hauteur. Principalement,  parce que la petit fille est sans aucun doute doublée par une adulte, ce qui est particulièrement dérangeant. Donc, oubliez la V.F., regardez la version originale sous-titrée. Deuxième reproche que l’on peut faire à ce film, c’est le manque d’originalité de l’histoire. Il est difficile de ne pas penser à A.I. Intelligence artificielle de Steven Spielberg en regardant «Eva». Mais, ce dernier a l’avantage de ne pas partir dans tous les sens comme le film de Spielberg et de laisser le devant de la scène aux émotions.

Passons à la minute chipotage: le test Bechdel. Ici, ça passe, car deux femmes, ayant un nom, ont une conversation ne tournant pas autour d’un personnage masculin. De plus, le personnage principal reste tout de même Eva, donc on ne peut pas considérer le film comme androcentré.

MAIS, par contre, durant l’un des dialogues, on a droit à un énorme cliché de genre. Lorsque le scientifique décide de créer une petite fille, plutôt qu’un petit garçon, en prétendant que les petites filles sont plus intéressantes, la directrice de l’institut de robotique n’est pas d’accord, car elle considère qu’elles sont également plus jalouses et perverses que les garçons !

Euh…Cette réflexion est d’une stupidité sans nom ! Puisqu’on parle de création de robots, qui forcément n’ont pas d’ADN, je ne vois pas comment ils pourraient être influencés par leur sexe.

Eva_Chat

Ces robots sont uniquement influencés par leur processeur, créé par un humain qui reproduira les clichés de genre, ou pas. Donc, une réflexion qui, en plus d’être sexiste, est incohérente.

En résumé, une oeuvre pour les amateurs de «petits» films de science-fiction, de cinéma espagnol et de chats robotiques (+1 pour le chat d’Alex !).

La bande annonce:

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s